Le Port de Lomé occupe la 35ᵉ place du classement 2025 des ports à conteneurs les plus performants d’Afrique, selon l’indice mondial de performance portuaire (CPPI).
Avec un rang mondial de 347ᵉ, la plateforme togolaise devance plusieurs infrastructures majeures de la sous-région, notamment Tema (Ghana, 43ᵉ), Abidjan (Côte d’Ivoire, 46ᵉ) et Douala (Cameroun, 41ᵉ). Une performance qui récompense les efforts de modernisation engagés ces dernières années.
Le leadership africain revient à Tanger Med
Sur le continent, le port marocain de Tanger Med conserve sa première place et se hisse à la 6ᵉ position mondiale. Il devance Port-Saïd (Égypte), désormais 2ᵉ en Afrique et 15ᵉ au niveau mondial, et Djibouti, qui complète le podium continental à la 53ᵉ place mondiale.
Le classement africain est largement dominé par l’Égypte, qui place cinq ports dans le top 10, tandis que le Maroc en compte deux. La présence de Mogadishu (Somalie) à la 6ᵉ place et de Dakar (Sénégal) à la 7ᵉ confirme la diversité géographique des performances sur le continent.
Pourquoi le Port de Lomé surclasse ses voisins ?
Avec un rang mondial de 347ᵉ, le Port de Lomé devance des infrastructures réputées comme Mombasa (Kenya, 51ᵉ), Durban (Afrique du Sud, 52ᵉ) ou encore Abidjan (Côte d’Ivoire, 46ᵉ). Cette performance s’explique par des investissements continus dans la modernisation des équipements, la réduction des délais d’escale et l’optimisation des opérations de chargement et déchargement.
Pour le Togo, l’enjeu dépasse le simple classement. Le Port de Lomé constitue la principale porte d’entrée du commerce national et régional, notamment pour les pays enclavés de l’hinterland (Burkina Faso, Mali, Niger). Sa compétitivité est essentielle pour renforcer l’attractivité économique du pays et consolider Lomé comme hub logistique ouest-africain.
Malgré ces performances, l’indice CPPI souligne des défis structurels pour de nombreux ports du continent : contraintes de capacité, investissements insuffisants, faible connectivité avec l’arrière-pays et concurrence limitée entre infrastructures.
Les experts notent également que les ports orientés vers les exportations enregistrent de meilleures performances, permettant une organisation plus efficace des conteneurs. À l’inverse, les plateformes dominées par les importations subissent souvent des temps d’attente plus longs.
Classement des ports à conteneurs les plus performants en Afrique en 2025 :
1-Tanger Med/Maroc (6è rang mondial)
2-Port Said/Egypte (15è)
3-Djibouti (53è)
4-Damiette/Egypte (105è)
5-El Sokhna/Egypte (115è)
6-Mogadishu/Somalie (127è)
7-Dakar/Sénégal (144è)
8-El Dekheila/Egypte (179è)
9-San Pedro/Côte d’Ivoire (211è)
10-Malabo/Guinée équatoriale (222è)
11-Toamasina/Madagascar (225è)
12-Rades/Tunisie (238è)
13-Dar Es Salaam/Tanzanie (255è)
14-Lobito/Angola (256è)
15-Onne/Nigeria (259è)
16-Annaba/Algérie (270è)
17-Maputo/Mozambique (273è)
18-Agadir/Maroc (279è)
19-Matadi/RD Congo (285è)
20-Qasr Ahmed/Libye (286è)
21-Port Victoria/Seychelles (287è)
22-Bata/Guinée équatoriale (293è)
23-Alexandrie/Egypte (299è)
24-Owendo/Gabon (300è)
25-Nouakchott/Mauritanie (304è)
26-Khoms/Libye (308è)
27-Port Elizabeth/Afrique du Sud (314è)
28-Beira/Mozambique (315è)
29-Tin Can Island/Nigeria (318è)
30-Lagos/Nigeria (320è)
31-Cotonou/Bénin (324è)
32-Freetown/Sierra Leoné (330è)
33-Banjul/ Gambie (337è)
34-Lamu/Kenya (345è)
35-Lomé/Togo (347è)
36-Lekki/Nigeria (353è)
37-Nacala/Mozambique (356è)
38-Monrovia/Liberia (360è)
39-Casablanca/Maroc (365è)
40-Port Louis/Maurice (369è)
41-Douala/Cameroun (370è)
42-Walvis Bay/Namibie (372è)
43-Tema/Ghana (376è)
44-Alger/ Algérie (379è)
45-Ngqura/Afrique du Sud (380è)
46-Abidjan/Côte d’Ivoire (381è)
47-Béjaïa/Algérie (388è)
48-Luanda/Angola (390è)
49-Pointe-Noire/République du Congo (391è)
50-Kribi/Cameroun (395è)
51-Mombasa/Kenya (396è)
52-Durban/Afrique du Sud (398è)
53-Conakry/Guinée (399è)
54-Le Cap/Afrique du Sud (400è)
Quelle stratégie pour le Togo en 2026 ?
La 35ᵉ place africaine est un acquis que le Togo devra consolider. Le pays doit poursuivre la modernisation du port, améliorer sa connectivité ferroviaire et routière avec l’hinterland, et attirer davantage d’investissements privés dans les zones logistiques adjacentes.
Dans un contexte mondial marqué par la domination des ports chinois (4 des 5 premières places mondiales) et les perturbations géopolitiques au Moyen-Orient, la performance de Lomé témoigne d’une résilience et d’une capacité d’adaptation prometteuses pour l’avenir.
Source : Indice mondial de performance portuaire (CPPI) 2025 – Banque mondiale / S&P Global.










