Septembre Jaune est le mois de sensibilisation prévention du suicide et il est important d’en parler. Selon les données de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le Togo se classe 60e au niveau mondial avec un taux de mortalité par suicide de 9,34 pour 100 000 habitants en 2021.
Un niveau supérieur à la moyenne mondiale de 8,55 pour 100 000 habitants. Le pays affiche également un taux plus élevé que celui de ses voisins directs : Burkina Faso (8,50), Bénin (7,12), Ghana (5,32), Côte d’Ivoire (7,39) et Nigeria (4,99). Ce constat rappelle l’importance de savoir reconnaître les signes de détresse chez nos proches.
Prévention du suicide : 5 signes qui doivent alerter chez un ami
Signe 1 : un retrait soudain des relations sociales
Un ami qui aimait sortir, passer du temps avec les autres ou participer à des activités peut soudainement commencer à les éviter. Il cesse de répondre aux appels, décline les invitations ou passe beaucoup plus de temps seul.

Le retrait social ne signifie pas automatiquement qu’une personne est déprimée ou suicidaire, mais l’OMS identifie l’isolement social parmi les signes d’alerte possibles qui doivent être pris au sérieux, surtout lorsqu’ils se combinent à d’autres changements.
Parfois, un simple « J’ai remarqué que tu es plus silencieux ces derniers temps. Est-ce que ça va ? » peut ouvrir la porte à une conversation essentielle.
Signe 2 : des expressions répétées de tristesse
Parfois, les gens nous disent comment ils se sentent, mais nous sommes tellement habitués à l’entendre que nous cessons d’écouter. Une amie qui répète « je suis triste, je suis triste » peut être perçue comme une « source de négativité », jusqu’au jour où elle révèle qu’elle pense au suicide.
Cela ne signifie pas que toute personne qui dit être triste est suicidaire. Mais les expressions répétées de tristesse, de désespoir ou le sentiment d’être un fardeau ne doivent pas être balayées d’un revers de main. L’OMS cite le désespoir, la solitude et le sentiment d’inutilité parmi les expériences qui peuvent accompagner la détresse suicidaire.
Signe 3 : un changement notable d’humeur ou de comportement
Une personne peut devenir inhabituellement renfermée, agitée ou se comporter différemment de sa façon habituelle. Elle peut aussi connaître des changements dans ses habitudes de sommeil ou d’alimentation.
L’important est de regarder le changement, plutôt que d’essayer de diagnostiquer votre ami vous-même. Vous n’avez pas à décider si quelqu’un est déprimé avant de prendre de ses nouvelles. Si quelque chose semble différent, posez la question.
Signe 4 : des propos sur le désespoir ou l’absence de sens à la vie
C’est un signe qui ne doit jamais être pris à la légère. Des phrases comme « ça ne sert à rien », « personne ne se soucie de moi », « les gens seraient mieux sans moi » ou des commentaires directs sur l’envie de mourir doivent être pris au sérieux.
L’OMS précise que demander directement à quelqu’un s’il pense au suicide ne le rend pas suicidaire. Au contraire, cela peut réduire l’anxiété et aider la personne à se sentir comprise. Vous pouvez demander calmement : « Est-ce que tu penses à te faire du mal ou à mettre fin à ta vie ? »
Si la réponse est oui, ne laissez pas la personne seule. Encouragez une aide professionnelle immédiate et, en cas de danger immédiat, restez avec elle pendant que l’aide est organisée.
Signe 5 : la personne toujours joyeuse peut aussi avoir besoin d’aide
C’est l’un des messages les plus forts des spécialistes : on ne peut pas toujours identifier une personne en difficulté simplement en la regardant. Beaucoup de personnes qui mettent fin à leurs jours sont celles qui semblent les plus joyeuses, celles qui cherchent à rendre tout le monde heureux.
C’est pourquoi il ne faut pas attendre qu’une personne semble visiblement en détresse pour prendre de ses nouvelles. Un ami peut être sociable, drôle et soutenant envers tous les autres, tout en traversant quelque chose de difficile en privé.
La leçon n’est pas de devenir méfiant envers toute personne joyeuse, mais d’arrêter de croire que les apparences disent tout de l’état émotionnel de quelqu’un.
Comment aider concrètement un proche en détresse
Au Togo, la prise en charge de la santé mentale reste un défi. Le pays dispose de peu de structures spécialisées et les tabous autour du suicide persistent. Pourtant, quelques gestes simples peuvent sauver une vie, surtout en Septembre Jaune :
- Écouter sans juger : laissez la personne s’exprimer à son rythme.
- Poser la question directement : demander si elle pense au suicide ne l’encourage pas à passer à l’acte.
- Ne pas rester seul face à la situation : impliquez la famille, un professionnel de santé ou une autorité religieuse de confiance.
- Accompagner vers une aide professionnelle : orientez vers un médecin, un psychologue ou un centre de santé.
- Rester en contact : un appel régulier, une visite, un message peuvent faire une différence immense.
Si vous ou un proche êtes en détresse, ne restez pas seul. Parlez-en à un professionnel de santé ou à une personne de confiance. La vigilance et la bienveillance de chacun peuvent sauver des vies au cours de ce mois de la prévention du suicide et au-delà.








