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TOGO

Lomé : ces trous qui tuent — le MMLK dénonce un « danger public »

Raheem Geraldo Raheem Geraldo
29 juillet 2026 4 min de lecture
Togo : le MMLK alerte sur des caniveaux ouverts à Lomé

Ils sont là, béants, invisibles la nuit, mortels quand la pluie tombe. Des tranchées et des caniveaux ouverts à ciel ouvert, abandonnés depuis des mois, parfois des années, dans plusieurs communes du Grand Lomé. Le Mouvement Martin Luther King (MMLK) tire la sonnette d’alarme.

Ce mardi 28 juillet, l’organisation panafricaine de défense des droits de l’Homme a publié un communiqué cinglant. Elle dénonce ce qu’elle qualifie de « danger public ». Le président du MMLK, le Pasteur Edoh KOMI, interpelle le ministère de l’Urbanisme et les mairies concernées pour une reprise immédiate des travaux.

Des pièges mortels à ciel ouvert

Depuis plusieurs années, des chantiers de construction et de réaménagement de caniveaux sont laissés à l’abandon dans la capitale togolaise. Sans signalisation, sans barrières de protection, sans aucune indication pour les usagers, ces tranchées se transforment en véritables pièges.

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Les risques sont multiples :

  • Accidents de circulation : automobilistes et conducteurs de taxi-moto peuvent perdre le contrôle en heurtant une tranchée non signalée.
  • Chutes : piétons, enfants, personnes âgées risquent de tomber dans ces fossés, parfois profonds de plusieurs mètres.
  • Noyades en période de pluie : lorsque les eaux de ruissellement remplissent les caniveaux, ces trous deviennent des bassins mortels, notamment pour les enfants qui jouent à proximité.

« La vie des citoyens est mise en péril chaque jour », dénonce le MMLK dans son communiqué.

Un préjudice économique et social

Au-delà du danger physique, ces chantiers abandonnés ont des conséquences économiques lourdes, rapporte le MMLK. De nombreux citoyens se retrouvent dans l’impossibilité d’accéder à leurs garages, à leurs domiciles ou à leurs commerces. Leurs biens et leurs activités sont bloqués par des tranchées infranchissables.

Certains quartiers de Lomé sont devenus des labyrinthes de terre et de gravats, contraignant les habitants à des détours parfois dangereux pour rejoindre leur propre maison. Une situation intenable pour les familles, les commerçants et les transporteurs.

Les revendications du MMLK

Le MMLK pointe du doigt la responsabilité du ministère de l’Urbanisme. Ces travaux ont été engagés par l’État, mais le suivi semble inexistant. « Le ministère semble ignorer la suite à donner à ces chantiers laissés à l’abandon », déplore l’organisation. Les mairies des communes concernées sont également interpellées. Leur rôle dans la gestion des espaces publics et la sécurité des populations est central. Pourtant, les tranchées restent ouvertes, sans signalisation, sans protection, sans aucune mesure provisoire.

Face à cette situation, le Mouvement Martin Luther King formule trois demandes précises :

  1. La reprise immédiate et l’achèvement des travaux en cours, sous la responsabilité du ministère de l’Urbanisme et des mairies concernées.
  2. La sécurisation urgente de tous les sites : pose de barrières, de tuyaux, de panneaux de signalisation, et comblement provisoire des tranchées les plus dangereuses.
  3. Un suivi rigoureux des chantiers publics pour éviter le gaspillage des deniers publics et la mise en danger des populations.

Le MMLK rappelle que « le droit à la sécurité et le droit de circuler librement sont garantis par la Constitution » togolaise. Or, ces droits sont quotidiennement bafoués par l’inaction des autorités. « La ville ne peut pas rester en chantier permanent au détriment de la sécurité et du droit de circulation des citoyens », insiste l’organisation.

Le Mouvement Martin Luther King ne compte pas en rester là. L’organisation « reste en alerte et se réserve le droit d’engager toutes actions citoyennes pour la protection des populations ». Une menace qui pourrait se concrétiser par des actions de sensibilisation, des pétitions, voire des recours juridiques si les autorités ne réagissent pas rapidement.

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