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TOGO

Togo : la lutte contre le VIH menacée

Raheem Geraldo Raheem Geraldo
10 août 2026 3 min de lecture
Lutte contre le VIH au Togo - acquis menacés par la baisse des financements

La lutte contre le VIH au Togo a enregistré des progrès spectaculaires. En quinze ans, le nombre de personnes vivant avec le VIH sous traitement antirétroviral est passé de 7 900 en 2007 à 95 000 fin 2025.

La prévalence a chuté de 3,5 % à 1,6 %, les nouvelles infections ont diminué de 70 % et les décès de 73 %. Mais ces acquis sont aujourd’hui menacés par une baisse continue des financements internationaux.

Des résultats encourageants grâce à des plans stratégiques

Ces progrès sont notamment liés à la mise en œuvre de quatre plans stratégiques nationaux successifs, selon Vincent Pitché, qui quitte la lutte contre le VIH après une vingtaine d’années d’engagement pour prendre la direction de l’Organisation Ouest Africaine de la Santé (OOAS). « Je quitte temporairement le navire de la lutte contre le VIH, mais je suis et resterai un membre actif de la riposte, car je serai toujours sur le même fleuve du secteur de la santé au Togo et dans la sous-région », a-t-il confié.

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La baisse des financements internationaux, une menace réelle

Mais ces acquis se heurtent aujourd’hui à un obstacle de taille. « L’évaluation du niveau des financements effectivement dépensés dans la lutte contre le VIH en 2025 confirme la tendance à la baisse des budgets internationaux et doit nous interpeller collectivement pour réfléchir sur la pérennité des programmes », souligne Vincent Pitché.

Le nouveau cycle de financement du Fonds mondial pour 2027-2029 confirme cette même tendance. Un signal d’alarme pour le Togo, qui dépend encore largement des financements extérieurs pour maintenir ses programmes de lutte contre le sida.

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Pérenniser les acquis : le défi majeur des prochaines années

« Le défi majeur pour notre pays dans les prochaines années est de savoir comment pérenniser les bons résultats obtenus face à la baisse continue des financements disponibles », indique Vincent Pitché.

Pour y faire face, il préconise plusieurs solutions :

  1. Concentrer les ressources sur les interventions à fort impact pour maximiser l’efficacité des dépenses
  2. Renforcer les synergies entre acteurs pour éviter les doublons et mutualiser les efforts
  3. Accroître le financement domestique pour réduire la dépendance aux bailleurs internationaux
  4. Intégrer, à moyen terme, le paquet minimum de services VIH dans l’offre de soins de l’Assurance maladie universelle (AMU)

Un appel à la mobilisation collective

Le message de Vincent Pitché est clair : la lutte contre le VIH au Togo ne peut pas s’arrêter. Les progrès réalisés sont trop importants pour être compromis. Mais pour les préserver, il faudra une mobilisation collective des autorités, des partenaires techniques et financiers, et de la société civile.

L’intégration du VIH dans l’Assurance maladie universelle apparaît comme une piste prometteuse pour garantir un accès durable aux traitements et aux soins pour toutes les personnes vivant avec le VIH au Togo. Une réforme qui, si elle est menée à bien, pourrait assurer la pérennité des acquis dans la lutte contre le sida.

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