Insécurité alimentaire au Togo : le PAM dément la crise

Insécurité alimentaire au Togo : le PAM dément la crise

L’information a fait le tour du web. Puis des réseaux sociaux. « 330 000 Togolais menacés par une insécurité alimentaire aiguë ». Un chiffre qui a provoqué inquiétude et polémique. Sauf que… la réalité est plus nuancée. Et la source elle-même, le Programme Alimentaire Mondial (PAM), a formellement démenti être l’instigateur de cette publication.

Le PAM dément

Présenté par certains médias français comme l’auteur du rapport alarmant, le Programme Alimentaire Mondial (PAM) a formellement démenti. L’organisation n’a pas publié d’alerte récente sur le Togo. Le silence du gouvernement togolais, critiqué par l’opposition, s’expliquerait donc par l’absence de crise avérée.

Alors, d’où viennent ces fameux 330 000 ?

Des chiffres du Cadre Harmonisé… sortis de leur contexte

Les chiffres évoqués sont issus du Cadre Harmonisé, un outil régional de référence du CILSS (Comité permanent inter-États de lutte contre la sécheresse dans le Sahel). Ce rapport date de novembre 2025. Il s’agit d’une projection fondée sur des hypothèses de risque pour la période de soudure (juin-août). Pas d’un constat de crise actuelle.

En clair : on a pris une projection à six mois, on l’a présentée comme une alerte immédiate. Erreur méthodologique lourde.

Ce que disent vraiment les chiffres récents au Togo

Les données les plus récentes dressent un tableau globalement favorable :

  • Production agricole supérieure à celle de l’année précédente et à la moyenne des cinq dernières années
  • Baisse des prix du maïs, du sorgho et du niébé sur les marchés
  • Stocks céréaliers institutionnels et ménagers importants
  • Acalmie sécuritaire favorisant le retour de populations déplacées dans certaines localités

Rien à voir avec une « crise alimentaire aiguë » imminente.

Le gouvernement togolais propose 40 000 tonnes de denrées au PAM

Autre fait qui contredit le récit alarmiste : le gouvernement togolais a proposé au PAM la mise à disposition de plus de 40 000 tonnes de denrées alimentaires. Une offre qui ne ressemble pas à celle d’un pays en pleine famine.

Par ailleurs, le Programme d’urgence pour le renforcement de la résilience dans la région des Savanes (PURS) déploie une réponse intégrée sur le terrain.

La région des Savanes reste fragile, mais pas en crise

Cela ne signifie pas que tout va bien dans le nord du Togo. La région des Savanes reste fragile : déplacements de populations, pression sur les ressources, défis climatiques. Mais les autorités et les partenaires humanitaires préfèrent anticiper plutôt que subir.

Le vrai risque serait de créer une panique inutile qui pourrait, à terme, nuire à la crédibilité des alertes humanitaires lorsqu’une vraie crise surviendra.

Cette affaire rappelle l’importance de vérifier ses sources et de remettre les chiffres dans leur contexte. Un titre choc vend du clic, mais peut aussi semer la peur injustifiée.

Rejoins notre chaîne WhatsApp