Le record est établi, les photos de victoire font le tour des réseaux sociaux. Mais derrière les 32 heures de tressage et les 36 têtes, il y a une histoire qui commence il y a près de deux décennies. L’exploit d’Eunice Etou n’est pas un coup de chance, c’est l’aboutissement d’un parcours forgé par la passion, la patience et une volonté de fer.
Au-delà des 32 heures de performance, découvrez le sens profond du défi de la coiffeuse togolaise et comment il s’inscrit dans une année historique de records nationaux.
Le gain est plus grand qu’un certificat
La question est naturelle : que gagne concrètement Eunice Etou après son marathon de 32 heures ? La réponse dépasse de loin un éventuel prix en argent ou un simple certificat encadré.
Premièrement, elle gagne une place dans l’histoire. Son nom est désormais associé à une première mondiale, un record qui, une fois validé officiellement par le Guinness World Records, sera immortel. C’est un héritage personnel et national.
Deuxièmement, elle acquiert une visibilité internationale inestimable. Pour son salon, pour son savoir-faire, cette médiatisation est une publicité monumentale qui peut attirer une clientèle nouvelle et inspirer des partenariats.
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Enfin, et c’est son principal objectif, elle gagne une plateforme. « Ce défi, je ne le relève pas uniquement pour moi, mais pour toutes ces femmes togolaises et d’ailleurs qui exercent ce métier », a-t-elle affirmé. Son gain est donc la capacité à porter la voix des coiffeuses, à valoriser un artisanat souvent invisible et à inspirer une génération. C’est un capital de crédibilité et d’influence qu’elle compte utiliser pour la cause qu’elle défend.

Un rêve d’enfance devenu record du monde
L’exploit d’Eunice Etou n’est pas un coup de tête, mais l’aboutissement d’un parcours de vie. « Depuis l’âge de 10 ans, mes mains sont indiquées pour le tressage », confie-t-elle. Initiée au côté de sa mère, elle a transformé cette passion enfantine en un savoir-faire d’exception.
Le projet a mûri jusqu’à sa concrétisation en mars 2025, lorsqu’elle a soumis son dossier au Guinness World Records. « Trois semaines plus tard : feu vert. J’ai eu la confirmation, c’était un plaisir et une responsabilité », se souvient-elle. La règle était claire : tresser sans s’arrêter pendant 30 heures minimum, au moins une tête par heure, en utilisant la technique des trois mèches. Elle a finalement surpassé l’objectif initial avec 32 heures et 36 tresses.
Une pièce maîtresse dans l’année togolaise des Records Guinness
Le marathon d’Eunice n’est pas un fait isolé. Il s’inscrit avec force dans une véritable épopée nationale de records Guinness qui a marqué le Togo en 2025, principalement dans le domaine culinaire.
Tout a commencé avec la cheffe Laurence Assignon et son marathon de 275 heures aux fourneaux. Puis, la cheffe Célia Awoussi a repoussé les limites avec un incroyable 336 heures de cuisine non-stop, offrant plus de 700 000 repas gratuits et plaçant la gastronomie togolaise sous les projecteurs internationaux. Début 2026, c’est au tour d’Eunice Etou de marquer l’histoire, mais dans le domaine de l’artisanat et de la coiffure.
Cette série de records dessine une nouvelle image du Togo : un pays d’audace, de résilience et de talents diversifiés. Du fourneau au salon de coiffure, les Togolaises repoussent les limites physiques et médiatiques pour porter haut les couleurs de leur nation et de leurs métiers passion.

Un hommage aux femmes de l’ombre
Le message final de la tresseuse est viscéral et puissant. « Ce record, je le fais avec mes mains, mais je le dis avec mon coeur. C’est un hommage à ma mère, aux coiffeuses, aux filles qui travaillent dur », a-t-elle déclaré.
Son objectif ultime est de faire de ce marathon « un symbole de fierté nationale ». Elle ne cherche pas seulement la gloire personnelle, mais la reconnaissance collective pour un secteur essentiel, fait principalement de femmes, qui contribue à l’économie et à la culture quotidienne.








