Le secteur de l’élevage au Togo affiche des chiffres en trompe-l’œil. Selon les dernières données de l‘INSEED publiées ce 13 février 2026, les recettes d’exportation des produits d’élevage ont atteint 5 milliards de FCFA à fin septembre 2025. Une performance en hausse par rapport au trimestre précédent (3,1 milliards) et à la même période en 2024 (4,2 milliards).
Cette progression confirme la dynamique positive du secteur, portée essentiellement par l’essor remarquable de l’aviculture. Ces dernières années, les appuis aux producteurs se sont multipliés, permettant une montée en puissance des filières locales et une meilleure organisation des acteurs.
Mais derrière ces chiffres flatteurs se cache une réalité moins reluisante. La production nationale reste structurellement insuffisante pour couvrir les besoins des Togolais. Conséquence directe : le pays a importé pour 17 milliards de FCFA de produits carnés en 2025.
Le graphique est éloquent : les importations dépassent très largement les exportations, creusant un déficit commercial préoccupant dans le secteur. En clair, le Togo vend plus de produits d’élevage à l’étranger, mais continue de dépendre massivement des importations pour nourrir sa population.
Autre signal d’alarme : les exportations agricoles et sylvicoles se sont effondrées, s’établissant à seulement 5,8 milliards de FCFA, soit une chute vertigineuse de 68 %. Les experts pointent du doigt des facteurs saisonniers défavorables et des tensions persistantes sur l’offre locale.
Les autorités misent sur le développement de l’élevage moderne et l’intensification des productions locales pour inverser la tendance. Mais le chemin est encore long pour que le Togo puisse réellement nourrir ses enfants tout en exportant ses excédents.











