L’avertissement est clair et une opération de déguerpissement est en vue. Face à la multiplication des installations anarchiques sur les emprises routières et le domaine public maritime, le gouvernement a décidé de passer à l’action. Ce jeudi 26 février 2026, une réunion technique s’est tenue au cabinet du ministère de l’Administration territoriale pour coordonner une réponse d’envergure.
Présidée par le ministre Awaté Hodabalo, la rencontre a réuni un aréopage de décideurs : le ministre secrétaire général du gouvernement Stanislas Baba, le ministre de l’Environnement Dodzi Kokoroko, la gouverneure du District autonome du Grand Lomé Zouréhatou Kassah-Traoré, le préfet maritime, ainsi que des responsables techniques.
Le constat qui alarme les autorités
L’état des lieux présenté lors de cette réunion est sans appel. Les abords des routes et l’espace balnéaire font l’objet d’occupations illégales ou irrégulières. Les services techniques ont relevé plusieurs problèmes majeurs :
- Des installations précaires et désordonnées qui poussent comme des champignons
- Une insalubrité croissante sur les zones concernées
- Des entraves à la circulation des personnes et des véhicules
- Une dégradation progressive du cadre de vie sur le littoral
Si certains occupants disposent d’autorisations, les enquêtes révèlent que plusieurs de ces documents auraient été délivrés en dehors des procédures légales. D’autres se sont tout simplement installés sans aucun titre.
Des opérations de déguerpissement insuffisantes depuis 2022
Ce n’est pas la première fois que les autorités s’attaquent à ce problème. Des opérations de désencombrement sont menées depuis 2022. Mais force est de constater que les résultats restent en deçà des attentes face à l’ampleur du phénomène. La progression des installations illégales semble plus rapide que les actions de l’État. D’où la nécessité d’une approche plus structurée et coordonnée.
Pour sortir de cette impasse, le gouvernement a mis en place un comité technique interministériel. Sa mission : élaborer dans les plus brefs délais un plan d’action opérationnel.
Ce plan prévoira notamment :
- Une phase de sensibilisation des occupants, conformément à la législation en vigueur
- Un recensement précis des installations et de leur statut juridique
- Des opérations de déguerpissement ciblées, après épuisement des voies de dialogue
L’objectif affiché est triple : restaurer l’ordre, améliorer la salubrité, et préserver durablement le littoral.
Qui est concerné ?
Sont dans le viseur des autorités :
- Les occupants illégaux des emprises routières (abords des grandes voies)
- Les installations anarchiques sur le domaine public maritime (plages, littoral)
- Toute construction ou activité menée sans titre valide
Une épée de Damoclès sur les occupants actuels
Pour les milliers de personnes qui exploitent des activités sur ces zones (commerçants, tenanciers de bars, restaurateurs), cette annonce sonne comme un avertissement. Le gouvernement semble déterminé à aller jusqu’au bout, après des années de laisser-aller.
Mais la présence d’une phase de sensibilisation laisse une porte ouverte au dialogue et à la préparation. Les occupants avertis auront le temps de s’organiser, contrairement à une opération coup de poing sans préavis.










