La contraception est souvent perçue comme une responsabilité exclusivement féminine. Pourtant, une étude récente menée au Togo par l’Association Togolaise pour le Bien-être Familial (ATBEF), avec le financement de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et le soutien technique de l’IPPF, bouscule cette idée reçue.
Menée entre 2023 et 2025 dans les régions de la Kara, des Plateaux, de la Maritime et du Grand Lomé, cette recherche révèle un intérêt marqué des hommes togolais pour les méthodes contraceptives masculines.
70 % des hommes favorables à une nouvelle méthode contraceptive
L’étude, qui a interrogé 530 hommes et femmes en couple ou non, montre que 70,32 % des hommes se déclarent prêts à utiliser une nouvelle méthode contraceptive masculine si elle était disponible. Parmi eux, 43,11 % l’adopteraient probablement et 27,21 % certainement.
Les principales motivations évoquées sont :
- Prévention des grossesses non désirées (54,77 %)
- Évitement de l’usage du préservatif (23,32 %)
- Meilleur contrôle sur la reproduction (7,07 %)
- Partage de la responsabilité contraceptive (1,77 %)
Les femmes favorables… mais sous conditions
Du côté des femmes, l’acceptabilité est également positive : 68,20 % se déclarent disposées à ce que leur partenaire utilise une nouvelle méthode contraceptive masculine.
Mais un élément clé influence leur adhésion : la confiance. Près de 78 % des femmes affirment qu’elles feraient confiance à leur partenaire pour utiliser correctement la méthode. En revanche, 44,91 % indiquent qu’elles continueraient à utiliser leur propre contraception même si leur conjoint adoptait une méthode masculine.
Des normes de genre encore persistantes
Malgré cette ouverture, l’étude met en lumière des contradictions. Si 96 % des hommes estiment que la responsabilité de l’enfant devrait être partagée, 72 % considèrent que l’homme doit avoir le dernier mot dans le foyer, et 86 % pensent que le rôle principal de la femme est de s’occuper de la famille.
Ces chiffres révèlent un décalage entre les attitudes déclarées et les normes traditionnelles encore profondément ancrées.
Vers une plus grande implication des hommes
L’étude conclut que l’adoption effective de la contraception masculine dépend non seulement de la disponibilité des méthodes, mais aussi de la transformation des perceptions sociales et du dialogue au sein des couples.
Parmi les recommandations formulées par l’ATBEF :
- Renforcer l’implication des hommes dans les programmes de planification familiale
- Promouvoir la communication et la prise de décision conjointe au sein du couple
- Améliorer l’information sur les méthodes contraceptives masculines
- Transformer les normes sociales liées au genre











