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Les coupures d’électricité qui frappent le Togo ne sont plus seulement un problème technique. Elles deviennent un enjeu politique majeur. Dans une déclaration commune rendue publique le 30 octobre 2026, plusieurs mouvements d’opposition ont décidé de monter au créneau.
Parmi les signataires figurent la Dynamique Monseigneur Kpodzro (DMK), la Dynamique pour la Majorité du Peuple (DMP), Lumière pour le Développement dans la Paix (LDP) et le collectif « Touche Pas À Ma Constitution ». Ensemble, ils dénoncent un « calvaire énergétique insupportable » qui étouffe les ménages, ruine les petits commerçants et met en danger des vies dans les hôpitaux.
Pour ces mouvements, la crise n’est pas une fatalité. Ils rejettent en bloc les explications avancées par le gouvernement, qu’il s’agisse de l’approvisionnement en gaz régional, de pannes extérieures ou de maintenances imprévues.
« Le Togo ne manque pas d’énergie, il croule sous la mauvaise gouvernance », affirment-ils dans leur déclaration. Ils pointent du doigt la gestion de la Compagnie Énergie Électrique du Togo (CEET) et réclament des audits indépendants. Ils s’appuient sur les alertes du FMI, de la Banque mondiale et de l’Autorité de réglementation du secteur de l’électricité (ARSE), ainsi que sur les révélations de journalistes d’investigation.
Les questions posées sont lourdes : comment la dette de la CEET a-t-elle été contractée ? Comment les investissements ont-ils été réalisés ? Où sont passées les ressources publiques ? Autant d’interrogations qui, selon l’opposition, nécessitent une transparence totale. Ils exigent la publication des données pertinentes et, si des infractions sont établies, des poursuites impartiales.
Les mouvements signataires ne comptent pas en rester aux déclarations. Ils appellent l’ensemble des citoyens à se joindre à une « Journée patriotique d’avertissement » le 20 novembre 2026.
Leur appel s’adresse à l’Association Togolaise des Consommateurs (ATC), aux syndicats, aux organisations de la société civile, aux commerçants, aux artisans et à la jeunesse. « Il ne s’agit plus de gémir ou d’endurer en silence », martèlent-ils. Ils exigent un service électrique fiable, la transparence dans la gestion publique et la fin de l’impunité.
Cette sortie de l’opposition marque une nouvelle étape dans la contestation. Elle transforme un problème de société, les coupures d’électricité, en un cheval de bataille politique. Les critiques ne portent plus seulement sur la qualité du service, mais sur le modèle de gouvernance du pays.
Le gouvernement, de son côté, n’a pas encore réagi à cette déclaration. Les autorités devront gérer à la fois l’urgence énergétique et la montée des tensions sociales.
Pour les citoyens, la question reste entière : cette mobilisation apportera-t-elle des solutions concrètes ou viendra-t-elle s’ajouter à la confusion générale ? Les réponses dépendront de la capacité de chacun à privilégier le dialogue et l’intérêt général, au-delà des clivages politiques.