Le Mouvement Martin Luther King ne compte pas s’arrêter en chemin. Quelques heures après son appel très suivi sur l’assainissement des carrefours encombrés de paniers et calebasses de sacrifices, l’organisation de défense des droits de l’homme change de cible. Cette fois, elle s’adresse aux responsables religieux pour les nuisances sonores.
Dans un communiqué publié le mardi 13 octobre 2026, le MMLK dénonce la pollution sonore générée par certains lieux de culte. Le message est direct : la foi doit s’exercer dans le respect du voisinage et de l’espace public.
« L’Évangile est une Bonne Nouvelle, pas une nuisance sonore »
Le mouvement rappelle d’abord les efforts de la Direction des cultes pour réguler les niveaux sonores. Mais il insiste sur la nécessité d’une posture cohérente. « Le MMLK ne saurait dénoncer la saleté d’un côté et fermer les yeux sur le bruit excessif de l’autre », peut-on lire dans le communiqué.

L’organisation, d’obédience chrétienne, s’appuie sur des textes bibliques, notamment 1 Corinthiens 14:40 et Romains 12:18. Elle souligne qu’une démarche spirituelle ne devrait pas commencer par perturber le sommeil des riverains, qu’ils soient malades, musulmans, animistes ou simplement en quête de repos, dès 4 heures du matin avec des haut-parleurs orientés vers les habitations.
Cinq recommandations concrètes du MMLK
Le mouvement formule un plan d’action en cinq points. D’abord, un examen de conscience sur l’usage des instruments sonores lors des veillées nocturnes, des prières matinales et des campagnes de quartier menées avec des mégaphones surdimensionnés.
Ensuite, la priorité donnée à la ferveur spirituelle sur le volume des décibels. Le mouvement encourage aussi l’insonorisation des locaux et l’orientation de la sonorisation vers l’intérieur des temples. Il demande enfin aux autorités et aux faîtières religieuses d’organiser une rencontre pour élaborer un code de bonne conduite, et appelle à des sanctions contre les contrevenants réfractaires.
Ce que dit la loi togolaise sur les nuisances sonores
Le cadre juridique existe déjà. La loi-cadre sur l’environnement du 30 mai 2008 définit les nuisances comme toute perturbation portant atteinte à la santé humaine et au bien-être des populations. Son article 118 précise que l’État lutte contre les émissions de bruits susceptibles de constituer une gêne excessive pour le voisinage.
Le Nouveau Code pénal va plus loin. Son article 535 définit le tapage nocturne comme tout agissement volontaire troublant la tranquillité des habitants pendant la nuit. L’article 536 prévoit une amende de 100 000 à 500 000 francs CFA. La simple constatation par un agent de la force publique suffit, sans besoin de sonomètre.
Comment agir face à un lieu de culte bruyant
Les riverains ne sont pas démunis. La procédure commence par une démarche amiable auprès du responsable du lieu de culte. En cas d’échec, il est possible de solliciter un constat de la Police ou de la Gendarmerie nationale, puis de saisir le maire ou le préfet, qui disposent de pouvoirs de police administrative.
En dernier recours, la voie judiciaire reste ouverte, au civil comme au pénal. Documenter les nuisances, agir collectivement et éviter toute confrontation directe sont les clés d’une démarche efficace.








