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TOGO

Grossesses précoces à l’école : le Togo s’attaque à la racine

Raheem Geraldo Raheem Geraldo
14 octobre 2026 3 min de lecture
Togo : l'EVSS bientôt dans la formation des enseignants

Le Togo veut frapper un grand coup contre les grossesses précoces en milieu scolaire. Le ministère de l’Éducation nationale a organisé un atelier de deux jours avec l’appui de l’ATBEF, de l’UNFPA Togo et de Plan International Togo. Objectif : élaborer une feuille de route pour intégrer l’Éducation aux Valeurs et à la Santé Sexuelle (EVSS) dans les écoles de formation initiale des enseignants et des travailleurs sociaux.

Selon Noélie Koevi-Koudam, directrice exécutive de l’ATBEF, le choix de cibler les enseignants et les éducateurs sociaux répond à une logique simple : « nos enfants passent la plupart de leur temps à l’école ». Les enseignants se trouvent donc en première ligne pour transmettre des informations fiables aux adolescents.

Des chiffres qui inquiètent

Le contexte justifie l’urgence. Les jeunes de moins de 24 ans représentent environ 61 % de la population togolaise, selon le RGPH-4 de 2010. Les données de l’EDST-III révèlent un taux de grossesses précoces de 17,3 %, une prévalence des IST/VIH de 4,7 % chez les 15-24 ans et un taux de besoins non satisfaits en santé sexuelle et reproductive de 8,4 % chez les adolescents.

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La scolarisation des jeunes filles reste particulièrement menacée. Le Togo enregistrait en moyenne 3 500 cas de grossesses dans ses établissements scolaires jusqu’en 2018. La tendance a baissé, avec 2 284 cas en 2024-2025, mais le niveau reste préoccupant.

Certains enseignants eux-mêmes mis en cause

Le phénomène ne se limite pas aux élèves. M. Méatchi Bakar, chargé d’étude au cabinet du ministère de l’Éducation nationale, le reconnaît sans détour : certains enseignants figurent parmi les auteurs de grossesses. Il précise toutefois que leur proportion a « considérablement diminué », passant sous la barre de 1 % des auteurs recensés.

Pour le ministère, chaque cas reste de trop. Les dispositifs réglementaires et les campagnes de sensibilisation visent à dissuader ces comportements et à protéger les élèves.

Une feuille de route attendue

Les participants ont travaillé en groupes pour définir les grandes lignes de cette intégration. Les modules de l’EVSS couvrent plusieurs domaines : prévention des grossesses, lutte contre les comportements sexuels à risque, sensibilisation aux stupéfiants et éducation aux valeurs.

Les directeurs des écoles normales de Dapaong, Mango, Niamtougou, Sotouboua, Notsè, Tabligbo et Adéta, ainsi que l’ENS d’Atakpamé, l’École nationale de formation sociale et l’Institut national de la jeunesse et des sports, étaient représentés.

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Ce que cela change pour les élèves togolais

Si la feuille de route aboutit, les futurs enseignants seront formés à l’EVSS avant même d’entrer en classe. Ils pourront ainsi aborder ces sujets avec des outils adaptés, comblant un vide que les familles peinent souvent à assumer.

Reste l’enjeu du financement et de la mise en œuvre. Les participants ont appelé les plus hautes autorités du ministère à soutenir le projet. Le calendrier et les moyens alloués diront si cette ambition se traduit en réalité dans les salles de classe.

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