Un peu plus d’un mois après l’adoption, le 4 septembre 2026, de la Résolution des Nations unies « Correct The Map » (Corriger la carte), portée par le groupe africain sous le leadership du Togo, Lomé dévoile la suite de son programme.
Le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération, de l’Intégration africaine et des Togolais de l’extérieur a présenté la mise en œuvre de cette initiative devant le Conseil des ministres du 6 octobre 2026. L’objectif affiché : promouvoir une représentation cartographique plus juste et plus fidèle des différentes régions du monde, en commençant par l’Afrique.
Pourquoi les cartes actuelles posent problème
La question est moins anodine qu’il n’y paraît. Les cartes les plus répandues, héritières de projections conçues pour la navigation, tendent à réduire visuellement l’espace occupé par le continent africain. Cette représentation influence durablement la perception que les élèves, et plus largement le grand public, se font du poids réel de l’Afrique dans le monde.

La Résolution adoptée à New York appelle désormais à des actions concrètes. C’est cette phase d’exécution que Lomé entend piloter, en transformant une victoire diplomatique en changement visible dans les salles de classe.
L’école en première ligne
Premier chantier annoncé : promouvoir la projection « Equal Earth » dans les manuels scolaires et les outils pédagogiques. Le gouvernement prévoit parallèlement de renforcer les capacités des enseignants, afin qu’ils puissent utiliser cette projection dans leurs cours.
Le pari est de s’attaquer au problème à la racine, là où se forme le regard des élèves sur le monde. En intégrant une cartographie plus fidèle dès les premières années de scolarité, les autorités espèrent corriger durablement les représentations héritées de siècles de cartographie eurocentrée.
Un sommet des ministres de l’Éducation à Lomé
Deuxième temps fort du programme : l’organisation à Lomé, en concertation avec l’Union africaine et l’UNESCO, d’une réunion des ministres africains chargés de l’éducation. Au menu des discussions, trois axes principaux : l’intégration de cette approche dans les programmes scolaires et les publications officielles, la coopération institutionnelle, et les besoins en assistance technique et en formation.
Les travaux doivent déboucher sur une « Déclaration de Lomé » et une feuille de route africaine « Correct the Map », assorties d’un mécanisme de coopération chargé d’accompagner les actions retenues. À travers cette initiative, le Togo ambitionne d’impulser une dynamique africaine concertée.
Les questions encore en suspens
Reste à connaître la date exacte de la rencontre, la liste des participants et les moyens alloués, que le gouvernement n’a pas précisés à ce stade. L’enjeu sera aussi de convaincre au-delà du continent : une résolution onusienne n’a pas force contraignante, et son effet dépendra de l’adhésion des États, des éditeurs et des systèmes éducatifs.
Pour le Togo, l’occasion est double : consolider son leadership diplomatique sur la scène africaine et obtenir des résultats concrets dans un domaine qui touche directement à la formation des jeunes générations.







