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TOGO

Enlèvement d’un journaliste : la presse togolaise en état d’alerte

Raheem Geraldo Raheem Geraldo
9 septembre 2026 4 min de lecture
Togo : un journaliste de Tampa TV enlevé à Guérin-Kouka, le PPT et le SYNJIT dénoncent

La presse togolaise est secouée par un nouvel incident visant un professionnel. Roland Yaovi Kodjo, journaliste de TAMPA TV, a été enlevé le samedi 5 septembre 2026 à Guérin-Kouka alors qu’il couvrait la fête traditionnelle D’Pontre/N’nidak.

Menotté, les yeux bandés et violenté durant le trajet, il a été abandonné en pleine brousse à plus de 55 kilomètres du lieu de son interception. Le Patronat de la Presse Togolaise (PPT) et le Syndicat des Journalistes Indépendants du Togo (SYNJIT) ont condamné ces faits et exigent l’ouverture immédiate d’une enquête.

Un enlèvement aux méthodes de gangsters

Les faits rapportés par les deux organisations professionnelles sont glaçants. Le samedi 5 septembre, alors que Roland Yaovi Kodjo assurait la couverture médiatique de la fête traditionnelle D’Pontre/N’nidak à Guérin-Kouka, plusieurs hommes en civil, accompagnés d’un individu en uniforme de police, l’ont intercepté.

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Selon le témoignage du journaliste, il a été contraint de monter dans un véhicule banalisé de type Prado. Menotté les mains dans le dos et les yeux bandés, il a été conduit à plus de 55 kilomètres du lieu de son arrestation. Durant le trajet, il a subi des violences physiques.

Les ravisseurs l’ont finalement abandonné en pleine brousse, toujours menotté et les yeux bandés. Ils lui auraient alors expliqué s’être trompés de cible : ils recherchaient en réalité Francisco Kossi Gbandi Napo-Koura, directeur de publication de TAMPA EXPRESS et promoteur de TAMPA TV.

Le PPT et le SYNJIT montent au créneau

Le Patronat de la Presse Togolaise a réagi dans un communiqué publié le mardi 8 septembre 2026. L’organisation professionnelle dénonce une « multiplication des menaces et des actes de violence visant les professionnels des médias » et condamne fermement ce qu’elle qualifie d’« enlèvement » et d’« acte de barbarie ».

Le PPT demande aux autorités compétentes d’ouvrir immédiatement une enquête pour établir les circonstances exactes des faits, identifier les personnes impliquées et, le cas échéant, les traduire devant la justice. L’organisation appelle également les chancelleries accréditées au Togo, les organisations de défense des droits humains et la communauté internationale à accorder une attention particulière à la protection des journalistes indépendants.

Dans son communiqué, le PPT évoque également les assassinats des journalistes Norbert Zongo au Burkina Faso et Martinez Zogo au Cameroun, des précédents qui demeurent dans les mémoires.

Le SYNJIT parle d’« acte de gangstérisme »

Le Syndicat des Journalistes Indépendants du Togo a également exprimé sa « profonde indignation » dans un communiqué publié le 8 septembre. Pour le SYNJIT, cet enlèvement est « une attaque directe contre la liberté de la presse et la sécurité de tous les professionnels des médias au Togo ».

Le syndicat condamne fermement cet enlèvement qu’il qualifie de « méthodes de gangsters, inadmissibles dans un État de droit ». Il exige une enquête « immédiate et rigoureuse » pour identifier et juger les auteurs et les commanditaires de ce crime.

Le SYNJIT rappelle également au gouvernement son devoir de garantir la sécurité des journalistes partout dans le pays. Le syndicat prévient : si des mesures concrètes ne sont pas prises rapidement, il appellera les professionnels des médias et les défenseurs des droits humains à des actions de protestation.

La communauté des journalistes togolais suit de près l’affaire Roland Yaovi Kodjo. Les organisations professionnelles attendent des autorités une réponse ferme et rapide pour rétablir la confiance et garantir la sécurité des reporters, notamment ceux qui exercent en dehors de la capitale. À ce stade, aucune enquête officielle n’a été officiellement annoncée par les autorités togolaises. Le PPT et le SYNJIT espèrent que la lumière sera rapidement faite sur cette affaire qui porte un coup à la liberté de la presse au Togo.

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