Le tribunal d’Atakpamé a rendu un verdict exemplaire dans une affaire qui a tenu la ville en haleine pendant plusieurs semaines. Trois individus ont été condamnés pour avoir inventé des histoires de « vol de sexe », alimentant une psychose collective qui menaçait l’ordre public. Les examens médicaux ont démontré l’absence de toute anomalie, forçant les affabulateurs à passer aux aveux.
Trois fausses accusations en cascade
Tout commence le 20 juillet 2026. Un jeune homme se présente aux forces de l’ordre et accuse formellement trois agents de connexion d’avoir fait disparaître son sexe par des voies mystiques. Huit jours plus tard, le 28 juillet, une scène quasi identique se produit : un deuxième individu pointe du doigt un chauffeur, prétendant être victime du même sort. Dès le lendemain, le 29 juillet, c’est un conducteur de taxi-moto (zémidjan) qui embraye le pas en accusant un autre citoyen.
Face à cette série de « révélations » suspectes qui menaçaient l’ordre public et suscitaient un sentiment d’insécurité, le tribunal d’Atakpamé a pris l’affaire à bras-le-corps en privilégiant la rigueur scientifique et factuelle.

Des examens médicaux sans appel et des aveux embarrassants
Confrontés aux incohérences de leurs déclarations et aux résultats formels des examens médicaux qui ne révèlent aucune anomalie ni modification anatomique, les trois affabulateurs ont fini par craquer.
À la barre, l’heure était aux mea culpa embarrassés. Un autre a admis sans détour que son anatomie était bel et bien intacte et qu’il avait sciemment accusé son propre beau-frère.
Un verdict exemplaire contre la psychose collective
Déclarés coupables de dénonciation calomnieuse, d’exposition d’autrui à un risque mortel et de violences volontaires, leurs accusations ayant manqué d’entraîner des lynchages par des attroupements, le verdict est tombé. Le président du tribunal, M. Koffi Balouki, a condamné chacun des trois individus à 12 mois d’emprisonnement, dont 11 assortis de sursis.
À travers ce jugement ferme, le tribunal d’Atakpamé adresse un message clair à la population : la justice entend fermement sanctionner les fausses rumeurs pour stopper les accès de psychose collective et préserver la paix sociale.








