Le Togo franchit une nouvelle étape dans la lutte contre la criminalité financière. Le pays s’apprête à créer une agence nationale dédiée au recouvrement des avoirs criminels, a annoncé le ministre de la Justice, Pacôme Adjourouvi, lors d’une rencontre à Lomé avec une délégation du Réseau interagences de recouvrement des avoirs d’Afrique de l’Ouest (ARINWA), conduite par son président Mor N’Diaye.
Cette initiative marque une volonté politique claire de traquer les patrimoines issus d’activités illicites et de renforcer la transparence financière au Togo.
Une agence aux missions étendues
La future agence aura pour mission d’identifier et localiser les patrimoines d’origine criminelle, qu’il s’agisse de comptes bancaires, de biens immobiliers, de véhicules ou de bijoux. Elle devra également les saisir et les geler dès la phase d’enquête, puis les confisquer définitivement après condamnation judiciaire.
Au-delà de la saisie, l’agence sera chargée de restituer les fonds à l’État et d’indemniser les victimes de fraudes. Une mission essentielle pour garantir que les fruits du crime ne profitent pas à leurs auteurs et que les citoyens lésés puissent être dédommagés.
Un appui technique d’ARINWA
L’ARINWA, qui regroupe les autorités de lutte contre la corruption, le blanchiment d’argent, le financement du terrorisme et le recouvrement des avoirs criminels en Afrique de l’Ouest, a réitéré sa disponibilité à accompagner le Togo. Le réseau offrira un appui technique et un accès à ses réseaux internationaux, facilitant ainsi la coopération transfrontalière.
Ses principales missions incluent l’échange rapide d’informations entre les États, le renforcement de la coopération judiciaire et policière, et la formation des enquêteurs et magistrats en matière de recouvrement d’avoirs.
Un renforcement du dispositif existant
Cette initiative complète le dispositif déjà en place, notamment la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF), qui lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Elle répond également aux exigences de l’UMOA en matière de lutte contre la criminalité financière.
Le Togo se dote ainsi d’un outil supplémentaire pour traquer les avoirs illicites, en phase avec les standards internationaux. L’agence travaillera en partenariat avec des organisations internationales telles que l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), le réseau CARIN et le Groupe d’action financière (GAFI).

La création de cette agence constitue une avancée majeure dans la lutte contre la corruption et les flux financiers illicites au Togo. Elle envoie un signal fort aux fraudeurs et aux blanchisseurs d’argent : les avoirs criminels seront désormais traqués avec des moyens renforcés.











