La tristesse s’est abattue sur le monde des médias togolais. Le journaliste Younglove Amavi est décédé le samedi 27 juin 2026 à l’âge de 71 ans, a confirmé sa famille, mettant fin à plusieurs jours d’incertitude autour de son état de santé. Hospitalisé après une grave maladie, il avait fait l’objet, quelques jours auparavant, de rumeurs annonçant prématurément son décès, que ses proches avaient alors démenties.
Son décès suscite une vive émotion au sein de la corporation journalistique, du mouvement sportif togolais et auprès de nombreux acteurs de la société civile, qui saluent la mémoire d’un professionnel reconnu pour sa rigueur, son engagement et son attachement aux valeurs du journalisme.
Une référence du journalisme sportif togolais
Figure emblématique de la presse togolaise, Younglove Amavi a consacré l’essentiel de sa carrière à la promotion du sport national. À travers ses reportages, ses analyses et la couverture des grandes compétitions nationales et internationales, il a largement contribué à faire connaître les performances des athlètes, des clubs et des fédérations togolaises.
À la tête de la Division Sports de la Télévision Togolaise (TVT), il a participé à la modernisation du traitement de l’information sportive au sein du service public audiovisuel. Son exigence professionnelle, sa maîtrise des dossiers et sa passion pour le sport lui ont valu le respect de plusieurs générations de journalistes ainsi que des acteurs du monde sportif.
Il a également dirigé Radio Planète Plus, où il a poursuivi son engagement en faveur d’une information de qualité et de proximité. Membre actif de l’Association des Journalistes Sportifs du Togo (AJST), il est resté jusqu’au bout un défenseur des valeurs d’éthique, de solidarité et de professionnalisme.

Un engagement syndical sans faille
Au-delà de sa carrière dans les médias, Younglove Amavi s’est illustré par son engagement syndical. Il a notamment occupé les fonctions de secrétaire général du Syndicat des Agents de l’Information, Techniciens et Journalistes des Organes Publics (SAINTJOP), où il a milité pour l’amélioration des conditions de travail des professionnels des médias et pour la défense de la liberté de la presse.
Nombre de journalistes aujourd’hui en activité témoignent de son rôle de mentor et de formateur, saluant sa disponibilité à transmettre son expérience aux jeunes générations.
Un symbole du combat pour la liberté de la presse
Son nom reste associé à l’un des épisodes les plus marquants de l’histoire récente de la presse togolaise. En mars 2013, alors qu’il participait à un sit-in pacifique organisé par des professionnels des médias contre les nouvelles dispositions de la loi organique de la HAAC, il avait été grièvement blessé lors d’une intervention des forces de l’ordre à Lomé.
Touché au visage par une grenade lacrymogène, Younglove Amavi avait subi une fracture de la mandibule ainsi que de graves lésions à la mâchoire. Les images de ses blessures avaient suscité une vive émotion au Togo comme à l’international et provoqué de nombreuses réactions d’organisations de défense de la liberté de la presse et des droits humains.
Cet événement avait fait de lui l’un des symboles du combat pour la protection des journalistes et la liberté d’expression au Togo. Malgré cette épreuve, il avait poursuivi son parcours avec la même détermination et le même engagement au service de l’information.
Sa disparition laisse un vide immense dans le paysage médiatique togolais.











