Ils ont bâti des empires panafricains sans jamais quitter le continent. Gervais Koffi Djondo, père fondateur d’Ecobank et d’Asky Airlines, et le Dr Kammogne Fokam, créateur du groupe Afriland First Bank, ont reçu un hommage solennel à titre anthume le samedi 20 juin à Lomé. Une reconnaissance rare pour des hommes encore vivants, organisée par la Chambre de commerce et d’industrie du Togo (CCI-Togo) sous l’impulsion du président Faure Gnassingbé.
L’événement s’est tenu autour de la présentation de leur ouvrage commun « Deux capitaines d’industrie se racontent » (170 pages, 13 articles). Il a réuni les plus hautes autorités du pays : présidents des institutions, membres du gouvernement, diplomates et opérateurs économiques venus des pays voisins. Un parterre à la hauteur de l’hommage rendu à ces deux bâtisseurs de l’intégration économique africaine.
Un livre qui dénonce les entraves à l’entrepreneuriat africain
Dans leur ouvrage, Djondo et Fokam ne se contentent pas de raconter leur parcours exceptionnel. Ils posent un diagnostic sans complaisance sur les murs qui freinent l’émergence économique du continent : pressions étatiques, fiscalité étouffante, règlements de comptes politiques, concurrence internationale déloyale, héritages coloniaux persistants et système éducatif inadapté.
Une phrase, reprise par plusieurs témoins, résume leur combat : « En Afrique, lorsqu’un entrepreneur échoue, tout est mis en œuvre pour qu’il échoue. En Europe, lorsqu’un entrepreneur échoue, tout est mis en œuvre pour qu’il réussisse. » Un constat amer mais lucide, qui invite à une refonte profonde des mentalités et des politiques publiques.
Des vies consacrées à l’Afrique
Le Dr Kammogne Fokam, Camerounais, est le promoteur de la richesse en milieux pauvres et le fondateur d’Afriland First Bank, un groupe bancaire présent dans une dizaine de pays africains. Gervais Koffi Djondo, Togolais, ancien Premier ministre issu du secteur privé, a relié le continent à travers Ecobank, devenue l’une des premières banques panafricaines, et Asky Airlines, qui connecte les capitales ouest-africaines.
Le président de la CCI-Togo, Dr José Kwassi Syménouh, a justifié le choix d’un hommage de leur vivant : « Leur vision et leur engagement ont contribué à l’émergence d’un entrepreneuriat capable de relever les défis du développement et de propulser les ambitions économiques du continent. »
À l’issue des témoignages émouvants retraçant leurs parcours, des tableaux artistiques leur ont été offerts en signe de reconnaissance. Les deux panafricains, visiblement émus, ont confié leur rêve : voir un jour une Afrique débarrassée de la pauvreté. Leur message à la jeunesse : persévérer dans le travail, considérer l’échec comme un obstacle à franchir, et non comme une fin.











