Le Togo serre la vis sur ses côtes. Face à la raréfaction des poissons et aux pratiques destructrices, les autorités durcissent la surveillance des ressources halieutiques. Repos biologique, interdiction du carbure, filets à petites mailles bannis… Mais le vrai danger vient du large : les navires-usines asiatiques continuent de piller sans partage.
51 jours de repos biologique et un dimanche sans pêche par semaine
Pour préserver les stocks de poissons, le Togo impose désormais 51 jours de repos biologique par an. Parmi eux, un arrêt systématique de la pêche en mer chaque dimanche.
Objectif : laisser les espèces se reproduire et permettre aux écosystèmes marins de se régénérer. Une mesure déjà en vigueur dans plusieurs pays ouest-africains, mais que le Togo applique désormais avec plus de rigueur.
Selon Jean Komlan Koudjagbo, délégué des pêcheurs au port de pêche de Lomé, des efforts importants sont déployés pour améliorer l’efficacité de cette lutte. Son plaidoyer : avancer le repos biologique au mois de juin, période critique pour certaines espèces.
Carbure et filets à petites mailles : ce qui est désormais interdit
Le gouvernement togolais a également interdit plusieurs pratiques dévastatrices :
- L’usage du carbure (qui empoisonne l’eau et tue les juvéniles)
- Les filets à petites mailles (qui capturent les poissons avant leur maturité)
Ces mesures visent à protéger la biodiversité marine et à garantir des revenus durables aux pêcheurs artisans locaux.
Mais la plus grande menace ne vient pas des pêcheurs togolais. Jean Komlan Koudjagbo le rappelle : le pillage des ressources halieutiques par des navires-usines asiatiques demeure une préoccupation majeure.
Ces bateaux industriels, souvent étrangers, violent les eaux territoriales ou exploitent les failles des accords de pêche. Ils capturent des quantités massives de poissons, privant les communautés côtières togolaises de leur principale source de protéines et de revenus.
Une surveillance renforcée mais encore fragile
Le Togo multiplie les moyens de contrôle sur son littoral : patrouilles, inspections, traçabilité des captures. Mais face à des flottes industrielles puissantes et bien organisées, la tâche est rude.
Les autorités togolaises appellent à une coopération régionale plus forte pour lutter contre la pêche INN (illicite, non déclarée et non réglementée). Sans action collective, les efforts locaux risquent de rester insuffisants.
La pêche artisanale, c’est des milliers d’emplois et une source majeure de protéines pour les familles togolaises. Si les stocks s’effondrent, ce sont des communautés entières qui basculent dans la précarité. Le repos biologique, l’interdiction du carbure et la traque des navires-usines ne sont pas des détails techniques. Ce sont des actes de survie pour le littoral togolais.










