Togo : 2 284 grossesses en milieu scolaire en 2024-2025 – 17 fillettes en primaire

Togo : 2 284 grossesses en milieu scolaire en 2024-2025 – 17 fillettes en primaire
Homme Allié

Le constat est glaçant. Le Togo continue de perdre ses filles face au fléau des grossesses en milieu scolaire. Les chiffres officiels pour l’année scolaire 2024-2025 donnent le vertige : 2 284 cas enregistrés sur l’ensemble du territoire.

Dans le détail : 948 cas au secondaire 2 (lycée), 1 319 cas au secondaire 1 (collège) et 17 cas dans le primaire. Oui, 17 fillettes de l’école primaire, des enfants d’à peine 10 ou 11 ans, ont été victimes de grossesses. Derrière chaque chiffre, un drame. Derrière chaque drame, un adulte, parfois un enseignant, un conducteur de taxi, un voisin ou un proche. Le gouvernement passe à la vitesse supérieure et déploie des cellules communautaires de veille à Kpalimé et dans tout le pays.

Selon Bénédicte Gnasa, directrice générale du Genre et de la Promotion de la femme : « Les grossesses précoces, les mariages d’enfants et les violences basées sur le genre constituent de graves atteintes aux droits humains avec des conséquences sanitaires, psychologiques, économiques et sociales importantes pour les victimes. »

Les chiffres qui donnent le vertige

La répartition des 2 284 cas de grossesses en milieu scolaire par niveau scolaire est édifiante.

Niveau scolaireNombre de grossesses
Primaire17 cas
Collège (secondaire 1)1 319 cas
Lycée (secondaire 2)948 cas
Total2 284 cas

Le collège est le niveau le plus touché (1 319 cas). L’âge moyen des collégiennes se situe entre 11 et 15 ans. Le lycée suit avec 948 cas. Mais c’est la présence de 17 cas dans le primaire qui soulève l’indignation.

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« Comment peut-on parler de grossesse pour des fillettes du primaire ? »

La question est posée par les défenseurs des droits des enfants. Comment peut-on parler de grossesse quand on évoque des fillettes du primaire, des enfants d’à peine 10 ou 11 ans ? Qui sont ces adultes qui abusent de l’innocence de gamines censées apprendre à lire et à écrire ?

Ces statistiques alarmantes montrent que malgré les campagnes de sensibilisation, le mal est profond.

La riposte contre les grossesses en milieu scolaire : des cellules communautaires de veille

Face à cette urgence nationale, le gouvernement passe à la vitesse supérieure. La lutte s’articule désormais autour du programme national 2023-2027, avec le déploiement de cellules communautaires de veille pour repérer et protéger les filles à risque.

Une rencontre stratégique s’est tenue les 21 et 22 mai à Kpalimé (préfecture de Kloto). Objectif : réunir les autorités locales, les chefs traditionnels, les leaders religieux et les organisations de jeunes pour qu’enfin, tout le monde parle le même langage. La prévention ne doit plus seulement se faire dans les bureaux, mais au cœur des communautés, là où le danger guette nos enfants.

17 cellules mises en place

Au total, 17 cellules (14 cantonales et 3 communales) ont été mises sur pied. Leur mission : assurer la veille, la sensibilisation et le suivi des actions de lutte contre ces phénomènes dans les communautés de base. Cette approche participative devra permettre une meilleure implication des autorités locales, des leaders communautaires et religieux ainsi que des organisations de jeunes et de femmes dans la protection et le maintien des filles à l’école.

Le gouvernement a renforcé au fil des années son arsenal juridique et les mécanismes de protection des filles. Le Code de l’enfant, qui punit sévèrement les violences faites aux mineurs. Les centres d’écoute et de prise en charge des victimes. Le programme national de lutte contre les grossesses et mariages chez les adolescentes (2023-2027).

Mais les lois ne suffisent pas. Il faut les appliquer. Et surtout, il faut que les victimes osent parler.

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