Électricité : ce qui change pour les Togolais équipés de panneaux solaires

Électricité : ce qui change pour les Togolais équipés de panneaux solaires
Homme Allié

Le ministère délégué chargé de l’Énergie a rappelé une disposition essentielle : les auto-producteurs d’électricité sont tenus d’injecter leur surplus d’énergie dans le réseau public de distribution.

Cette obligation découle d’un décret de 2024 (n° 2024-051/PR du 30 septembre 2024) qui fixe les conditions d’accès au réseau national pour l’injection d’électricité renouvelable. Objectif : diversifier les sources d’approvisionnement, accélérer l’intégration des énergies propres, et aider le Togo à atteindre l’accès universel à l’électricité d’ici 2030.

Ce que dit le décret de 2024

Le décret n° 2024-051/PR du 30 septembre 2024 définit désormais les conditions d’octroi et de retrait du droit d’accès au réseau électrique national de distribution pour l’injection d’électricité à base d’énergies renouvelables.

Ce nouveau texte introduit des changements structurels pour le système électrique national.

L’encadrement des auto-producteurs : le décret fixe les règles permettant aux entités qui produisent leur propre électricité, notamment à partir du solaire, d’injecter leur surplus d’énergie dans le réseau public de distribution.

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Une intégration méthodique : l’objectif est d’organiser l’intégration progressive de ces auto-producteurs afin de diversifier les sources d’énergie tout en garantissant la stabilité du réseau national.

L’incitation à l’investissement : en précisant les modalités d’accès des tiers au réseau, l’État renforce la sécurité juridique pour les investisseurs privés souhaitant s’engager dans la production d’énergies propres.

La surveillance technique : ce droit d’accès est encadré par des conditions techniques strictes destinées à assurer une qualité optimale et la sécurité des installations raccordées.

Pourquoi cette obligation ?

Le Togo a un objectif ambitieux : atteindre l’accès universel à l’électricité d’ici 2030, avec un taux de 75 % projeté dès fin 2026. Pour y parvenir, le pays entend conjuguer extension du réseau classique et montée en puissance des infrastructures solaires.

Les auto-producteurs solaires (particuliers avec des panneaux sur le toit, entreprises dotées de centrales solaires privées) produisent souvent plus qu’ils ne consomment, surtout pendant les heures d’ensoleillement maximal. Ce surplus, au lieu d’être perdu, peut être réinjecté dans le réseau national. Cela permet de :

  • Diversifier les sources d’approvisionnement électrique
  • Accélérer l’intégration des énergies propres dans le mix électrique
  • Réduire la dépendance aux énergies fossiles
  • Améliorer la stabilité du réseau en cas de pic de consommation
  • Faire bénéficier les autres consommateurs de cette énergie verte

Des conditions techniques strictes

L’accès au réseau pour l’injection d’électricité n’est pas un droit absolu. Il est soumis à des exigences techniques strictes pour garantir la qualité de l’électricité injectée. Ces exigences portent sur plusieurs aspects.

La qualité de l’électricité (tension, fréquence, pureté du signal). La sécurité des installations (protection contre les surtensions, les courts-circuits, les défaillances). La conformité aux normes (matériels homologués, installation certifiée). La mesure et le comptage (dispositifs permettant de quantifier l’énergie injectée).

Les auto-producteurs d’électricté qui souhaitent injecter leur surplus doivent donc se conformer à ces règles. Des arrêtés d’application sont toutefois attendus pour la mise en œuvre effective du dispositif.

Pour l’instant, le ministère a rappelé l’existence du décret. Mais plusieurs questions restent en suspens. Comment se fera la rémunération de l’électricité injectée ? Les auto-producteurs seront-ils payés pour leur surplus (tarif d’achat) ? Comment seront calculés les volumes injectés ? Des compteurs spécifiques seront-ils installés ? Quand les arrêtés d’application seront-ils publiés ? Le dispositif deviendra-t-il pleinement opérationnel ?

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