Le Togo ne veut plus être simple fournisseur de fèves brutes. Mardi 12 mai 2026, le Comité de Coordination pour les filières Café et Cacao (CCFCC) a annoncé l’achèvement du tout premier centre de traitement de cacao d’excellence à Abréwankor, dans la préfecture de Wawa (région des Plateaux).
Objectif : produire 100 tonnes de cacao de très haute qualité dès la première année, attirer les grands chocolatiers français, et faire entrer le Togo dans le club très fermé des pays producteurs de cacao fin et aromatisé.
Selon Enselme Gouthon, secrétaire général du CCFCC : « Nous nous sommes inspirés des modèles de centre d’excellence du Cameroun. Le Togo pourra bientôt s’inscrire sur la liste restreinte des pays producteurs de cacao fin et aromatisés dans le monde. »
Un centre moderne sur 1,37 hectare
Le centre d’Abréwankor a été construit sur une parcelle de 1,37 hectare. Il ne s’agit pas d’un simple entrepôt, mais d’une véritable petite usine à ciel ouvert conçue pour maîtriser chaque étape du traitement post-récolte.
Voici ce qu’il contient :
| Infrastructure | Caractéristique |
|---|---|
| Magasin de stockage | 25 tonnes |
| Hall de fermentation | 78 m² |
| Tunnels de séchage | 5 tunnels de 10 m chacun |
| Bloc sanitaire | 4 WC et 2 douches |
| Dortoirs + vestiaire | 2 dortoirs, 1 vestiaire |
| Adduction d’eau | Système d’eau potable |
| Électricité | Système solaire autonome |
| Matériel roulant | Motos et 2 tricycles |
Les tricycles ne sont pas un détail. Ils serviront à collecter le cacao dans 13 villages de la préfecture de Wawa impliqués dans le projet. L’objectif est de centraliser les récoltes pour garantir une qualité homogène.
160 millions FCFA sur fonds propres
Le montant total de l’investissement s’élève à 160 millions FCFA. Une somme importante, mais surtout entièrement financée sur les fonds propres du CCFCC. Pas de dette, pas de partenaire extérieur. Une décision assumée pour garder la maîtrise du projet.
La cérémonie d’inauguration se tiendra le samedi 23 mai 2026 à Abréwankor. Elle sera co-présidée par le ministre de l’Économie et son collègue de l’Agriculture.
- Le directeur exécutif de l’Organisation Internationale du Cacao (ICCO)
- Le directeur exécutif du Conseil Interprofessionnel des filières Cacao et Café du Cameroun (CICC)
- Des grands chocolatiers français du « Club des Chocolatiers Engagés »
L’ambition affichée par le CCFCC est claire : 100 tonnes de cacao d’excellence mises sur le marché la première année. Ce volume augmentera progressivement les campagnes suivantes.
Pourquoi 100 tonnes ? C’est un volume modeste à l’échelle mondiale, mais c’est le ticket d’entrée sur les marchés de niche. Mieux vaut 100 tonnes de cacao parfaitement fermenté, séché et traçable que des milliers de tonnes de fèves brutes sans identité.










