Le militant et poète togolais Honoré Sitsopé Sokpor, connu sous le pseudonyme Affectio, a été présenté le 4 mai 2026 à un juge d’instruction. Il est détenu depuis le 24 avril, soit dix jours de garde à vue, pour avoir pris des photographies sur un chantier public à Lomé.
Selon Me Paul Dodji Apevon, son avocat, Affectio va retourner en prison. L’artiste était déjà sous contrôle judiciaire depuis sa libération en décembre 2025, après avoir passé près d’un an derrière les barreaux pour la publication d’un poème jugé subversif.
Des photos de caniveaux comme unique mobile de la détention d’Affectio ?
Les faits remontent au vendredi 24 avril 2026. Impressionné par l’envergure des nouveaux caniveaux construits près du domicile de ses parents, Affectio aurait pris des photographies de ces ouvrages publics. Son intention : interpeller l’opinion sur l’importance des travaux pour la gestion des inondations à Lomé.
Il est aujourd’hui soupçonné d’avoir envoyé ces clichés à des personnes dans la diaspora, notamment au mouvement de la société civile du 6 juin (M66). Une accusation que ses avocats et soutiens contestent fermement.
Le CNCC dénonce une détention illégale et des violences
Le Cadre National de Concertation pour le Changement au Togo (CNCC), qui regroupe plusieurs organisations de la société civile et les partis ADDI, ANC, FDR et PSR, a publié un communiqué le 2 mai pour dénoncer ce qu’il considère comme une arrestation arbitraire.
Selon le CNCC, Affectio a été brutalisé lors de son interpellation. « Quatre individus se sont jetés sur lui avec une violence inouïe, le plaquant au sol. Ils l’ont étranglé pour lui arracher sa sacoche et son téléphone portable », dénonce le collectif.
Le CNCC souligne également que la détention dépasse largement le délai légal de 48 heures renouvelable une fois, et qu’Affectio aurait été privé de nourriture et d’eau durant les premières heures de son interrogatoire, malgré sa fragilité physique.
Le collectif exige la libération immédiate et sans condition du militant, ainsi que l’ouverture d’une enquête sur les violences physiques exercées lors de son interpellation.










