Et si l’armée seule ne suffisait pas à vaincre le terrorisme ? C’est en substance le message que Robert Dussey, le ministre togolais des Affaires étrangères, a adressé à ses pairs et aux acteurs régionaux. Dans un contexte de terrorisme au Sahel, la région la plus touchée du monde, le chef de la diplomatie togolaise appelle à un changement de stratégie.
Un constat simple : la lutte contre le terrorisme ne peut reposer uniquement sur l’action militaire.
« Au-delà du tout sécuritaire » : le plaidoyer de Robert Dussey
Le message, relayé par Abdoulaye Diop, figure influente de la diplomatie ouest-africaine, insiste sur une approche plus large. Pour Prof. Dussey, il faut traiter les causes profondes de l’instabilité, pas seulement ses symptômes.
Parmi les leviers prioritaires qu’il identifie :
- Renforcer l’intégration socio-économique des populations vulnérables
- Consolider les institutions pour garantir l’État de droit et la justice
- Promouvoir l’inclusion sociale pour réduire les frustrations qui alimentent l’extrémisme
« La lutte contre le terrorisme ne peut reposer uniquement sur l’action militaire » , martèle le ministre togolais.
Pourquoi cette approche est cruciale pour le Togo ?
Le Togo n’est pas directement au cœur de la zone sahélienne la plus chaude (Mali, Burkina Faso, Niger). Mais les menaces terroristes ont déjà frappé le nord du pays. L’insécurité régionale a aussi des répercussions sur l’économie : fermetures de frontières, ralentissement des échanges, déplacements de populations.
Pour Lomé, la stabilité du Sahel est donc une question de sécurité nationale. Et Robert Dussey le sait bien : les réponses exclusivement militaires ont montré leurs limites après des années de conflits.
Le message de Robert Dussey s’inscrit dans une convergence de vues entre plusieurs acteurs clés de la région. Mamadou Tangara, autre figure diplomatique, a intensifié les consultations avec les institutions régionales, notamment la CEDEAO et plusieurs chefs d’État.
Malgré une légère amélioration en 2025, le Sahel reste la région la plus touchée au monde par le terrorisme. Les groupes armés continuent d’exploiter les fragilités structurelles. C’est sur ces terrains-là que Robert Dussey propose d’agir. Non pas à la place du militaire, mais en complément.
The fight against terrorism and the quest for #peace in West #Africa and the #Sahel cannot be limited to military or security responses alone; they also require a strengthening of socio-economic integration mechanisms. It is by combining institutional stability, social inclusion… pic.twitter.com/rphrdT43pm
— Robert Dussey (@rdussey) April 6, 2026











