Mauvais payeurs, méfiance. Le secteur bancaire togolais affiche un signal d’alerte. Réuni le 23 mars à Lomé, le Conseil National du Crédit (CNC) a révélé une dégradation préoccupante : le taux brut de créances douteuses est passé de 7% en 2024 à 13% en 2025. Soit une hausse de près de 90% en un an.
Crédits en hausse, mais risques en embuscade
L’économie togolaise reste bien orientée. La BCEAO table sur une croissance de 6,5% en 2026, après 6,2% en 2025, portée par les services, l’aéroport et les infrastructures. L’inflation est contenue à 1,8%. Les crédits bancaires, eux, ont progressé de 15% pour atteindre 1 111 milliards FCFA.
Mais cette bonne tenue masque une fragilité : les impayés s’accumulent. En un an, les créances douteuses ont presque doublé. Un retournement après plusieurs années d’amélioration.
Le CNC met en garde : « Accélérer le recouvrement »
Face à ce signal, le CNC appelle à renforcer l’analyse du risque et à accélérer les dispositifs de recouvrement. Si la tendance se prolonge, préviennent les autorités, la capacité des banques à financer l’économie pourrait s’en trouver affaiblie.
Le ministre des Finances, Essowé Georges Barcola, a également insisté sur la nécessité de diversifier les sources de financement, notamment vers les énergies renouvelables et l’agro-industrie.
Un secteur sous tension
Malgré une baisse modeste du taux d’intérêt débiteur (7,4% contre 7,6% en 2024), le climat reste incertain. Les tensions géopolitiques, la volatilité des prix des hydrocarbures et les perturbations logistiques pourraient accentuer les pressions sur le système bancaire.
La présence des ministres de l’Économie et de la BCEAO à cette session témoigne de l’urgence d’une coordination renforcée pour éviter que les créances douteuses ne viennent plomber la dynamique économique.











