Le Ghana franchit un pas historique. Le 11 mars 2026, la Narcotics Control Commission (NACOC) a officiellement ouvert les demandes de licences pour la culture et la gestion du cannabis industriel et médicinal. Une décision qui place le pays voisin du Togo à l’avant-garde d’un secteur en pleine expansion en Afrique de l’Ouest.
L’annonce fait suite au lancement du régime national de licences le 26 février 2026 par le ministre ghanéen de l’Intérieur, Hon. Muntaka Mohammed-Mubarak. Désormais, les particuliers et entreprises peuvent postuler en ligne pour obtenir l’une des onze catégories de licences disponibles.
Ce que la loi ghanéenne autorise précisément sur le cannabis médicinal
Le cadre réglementaire ghanéen s’appuie sur l’article 43 de la Narcotics Control Commission Act, 2020 (Act 1019) et ses amendements. Les licences concernent exclusivement le cannabis dont la teneur en THC ne dépasse pas 0,3% sur la base du poids sec. Seuil au-delà duquel la plante conserve ses propriétés psychotropes.
Deux objectifs principaux sont visés :
- L’usage industriel : cultivation pour la production de fibres et de graines de haute qualité
- L’usage médicinal : développement de produits pharmaceutiques et de santé
Onze catégories de licences pour couvrir toute la filière
La NACOC a mis en place un système complet couvrant l’ensemble de la chaîne de valeur :
| Catégorie | Activité concernée |
|---|---|
| 1 | Cultivation |
| 2 | Transformation |
| 3 | Reproduction (breeding) |
| 4 | Recherche et développement |
| 5 | Laboratoire et tests |
| 6 | Stockage |
| 7 | Transport |
| 8 | Importation |
| 9 | Exportation |
| 10 | Vente et distribution |
| 11 | Publicité et promotion |
Ce découpage permet à des acteurs spécialisés d’intervenir à différentes étapes, des producteurs aux laboratoires en passant par les transporteurs.
Une procédure 100% digitale
La NACOC a mis l’accent sur la simplicité et la transparence du processus. Les demandes se font exclusivement en ligne sur le portail officiel www.ncc.gov.gh. Les candidats doivent :
- Sélectionner leur catégorie de licence
- Remplir les formulaires en ligne
- Télécharger les documents requis
- Effectuer le paiement par Visa, Mobile Money ou voucher NIB Bank
Cette dématérialisation vise à attirer un maximum d’investisseurs, locaux comme internationaux, dans un secteur très encadré mais potentiellement lucratif.
Quelles conséquences pour le Togo ?
Cette décision du Ghana, pays frontalier du Togo, soulève plusieurs questions pour Lomé.
Sur le plan économique, le Ghana crée un nouvel écosystème économique qui pourrait capter des investissements et des compétences. À terme, une filière structurée chez le voisin pourrait générer des emplois, des exportations et des recettes fiscales significatives.
Sur le plan réglementaire, le Togo observe avec attention l’expérience ghanéenne. Le sujet du cannabis médicinal reste sensible, mais de plus en plus de pays africains – Afrique du Sud, Lesotho, Zimbabwe, Malawi – ont déjà franchi le pas. La position du Ghana, partenaire commercial majeur du Togo, pourrait accélérer les réflexions à Lomé.
Sur le plan sanitaire, l’accès potentiel à des produits à base de cannabis pour des usages thérapeutiques (douleurs chroniques, épilepsie, soins palliatifs) pourrait à terme bénéficier aux patients togolais, via des importations ou une future production locale.
Un cadre strict pour éviter les dérives
Les autorités ghanéennes insistent sur leur engagement à protéger la santé publique. La NACOC a promis un contrôle rigoureux des opérateurs et le respect des normes internationales.
« Nous nous engageons à construire une industrie du cannabis équitable, transparente et responsable. Notre priorité reste la protection de la santé et de la sécurité publiques, tout en favorisant l’innovation légale », a déclaré un porte-parole de la Commission.
Ce qu’il faut retenir
- Le Ghana ouvre officiellement les licences pour le cannabis industriel et médicinal
- 11 catégories d’activités sont concernées, de la culture à l’exportation
- Le processus est 100% digital via le site de la NACOC
- Le Togo, voisin et partenaire, observe cette évolution qui pourrait influencer sa propre politique à moyen terme
Pour l’heure, Lomé n’a pas annoncé de changement de législation. Mais l’exemple ghanéen, réussi et encadré, pourrait nourrir les réflexions des autorités togolaises sur les opportunités économiques et sanitaires liées à cette filière.










