C’est la question que peu osent poser ouvertement. Pourtant, ce vendredi 20 février 2026 à Aného, une réunion de haut niveau a tenté d’y répondre. La session du Comité de pilotage du Cadre de coopération des Nations unies pour le développement durable (2023-2026) a livré des chiffres. Derrière la langue diplomatique, une tendance se dessine : la relation entre le Togo et l’ONU change de nature. Elle devient plus exigeante, plus structurée, plus contrôlée.
Si vous vivez dans les Savanes, si vous êtes une femme active en milieu rural, si vous êtes agriculteur ou parent d’élève dans une zone reculée, ces discussions vous concernent directement. Car c’est là que l’argent de la coopération internationale est censé atterrir.
La ministre secrétaire générale de la Présidence du Conseil, Sandra Ablamba Johnson, qui conduisait les travaux au nom de Faure Essozimna Gnassingbé, a détaillé les résultats revendiqués par le gouvernement.
Ce qui a changé concrètement pour les populations grâce au soutien de l’ONU
Les chiffres présentés à Aného donnent une idée de l’impact sur le terrain :
- Plus de 5 000 femmes ont bénéficié de dispositifs d’épargne-crédit communautaires
- 107 000 petits producteurs ont été accompagnés dans leurs activités
- 2 000 emplois ruraux ont été créés
- 3 millions de plants mis en terre
- 88 500 hectares d’aires protégées placées sous gestion durable
Côté social, le bilan fait état de :
- 64 salles de classe construites ou réhabilitées
- 64 000 enfants nourris grâce aux cantines scolaires
- 83 forages réalisés pour l’accès à l’eau potable
- 113 000 accouchements assistés rien que dans la région des Savanes
- 6 000 victimes de violences basées sur le genre prises en charge

L’argent de la coopération est-il bien utilisé ?
C’est la tension qui sous-tend toute cette rencontre. Dans un contexte international marqué par les crises et la raréfaction des financements, chaque franc doit être justifié. Les autorités togolaises l’ont bien compris et insistent sur la « qualité de la dépense publique » et le « suivi-évaluation« .
La discipline budgétaire engagée avec l’appui du FMI est présentée comme un gage de crédibilité. L’idée est simple : plus le Togo gère bien ses propres finances, plus les partenaires internationaux sont enclins à investir.
Ce qui se prépare pour 2026 et après
La feuille de route 2020-2025 arrive à échéance. Une nouvelle stratégie nationale de développement est en préparation. Et dans ce contexte, la relation avec l’ONU évolue.
L’exploration d’un fonds fiduciaire multipartenaire (ou « basket fund ») est à l’étude. Derrière ce terme technique se cache une idée simple : mutualiser l’argent des différents partenaires pour éviter la dispersion et financer de vrais projets structurants.
La vraie question : ces chiffres changent-ils votre quotidien ?
C’est le défi de ce type de coopération. Les chiffres sont impressionnants, les rapports bien léchés, mais sur le terrain, la réalité peut être différente. Une salle de classe construite, c’est bien. Des enseignants pour y faire cours, c’est mieux. Des cantines scolaires, c’est essentiel. Des repas de qualité à l’intérieur, c’est l’idéal.
Le gouvernement revendique une « République de résultats« . Les partenaires onusiens parlent d' »alignement stratégique« . Que la relation Togo-ONU devienne plus exigeante et plus structurée, c’est en principe une bonne nouvelle. Cela signifie plus de contrôle, plus de transparence, plus d’efficacité potentielle. Mais la vigilance reste de mise.











