« Personne n’est mort pour moi », Aamron dénonce une « trahison » au sein du M66

"Personne n'est mort pour moi", Aamron dénonce une "trahison" au sein du M66

Dans un direct sur les réseaux sociaux, le chanteur et activiste Aamron a rompu un long silence. Réfutant toute responsabilité dans les morts survenues lors des manifestations de juin et décembre 2025, il a vivement dénoncé une « trahison » et des tentatives de récupération au sein du mouvement M66, dont il se revendique l’un des fondateurs.

Sur les morts : « Personne n’est mort pour Aamron »

Face aux accusations persistantes le liant aux violences et aux pertes en vies humaines lors des mobilisations passées, le rappeur a été catégorique. « Personne n’est mort pour Aamron », a-t-il déclaré à plusieurs reprises.

Selon ses affirmations, les personnes interpellées lors de ces événements auraient été « libérées à 99% » et seraient toutes sorties de détention aujourd’hui. Il insiste sur un décalage chronologique : « Avant le 21 juin, il n’y a pas eu de mort ». Selon lui, n’étaient pas motivées par son cas personnel. Cette prise de distance nette vise à dissocier son activisme des conséquences les plus tragiques des troubles.

Lire aussi  31 officiers diplômés de l’École des Forces armées togolaises

Au sein du M66 : l’amertume d’un fondateur et des accusations de « coup de poignard »

C’est sur le terrain du mouvement M66 que l’artiste a exprimé sa plus grande amertume. Se présentant comme l’un des piliers fondateurs du mouvement, il a affirmé : « Mon essence vitale a permis de bâtir le M66 ». Il a ensuite dénoncé avec des mots forts ceux qui, selon lui, cherchent aujourd’hui à le marginaliser ou à s’approprier la légitimité du mouvement.

Lire aussi  Loterie et jeux de hasard au Togo : les taxes explosent en 2026

« Ce qui fait le plus mal, ce n’est pas le coup de poignard dans le dos, mais quand tu te retournes et que tu vois celui qui l’a planté », a-t-il lancé, dénonçant des « manipulations » et une volonté de certains de « se faire passer pour de vrais soldats du M66 ».

Malgré ce rejet de responsabilité directe sur les décès, Aamron a tenu un discours d’ « assomption » partielle. « J’assume tout ce qui s’est passé en juin et en décembre. C’est pour cela que je me suis mis à genoux », a-t-il déclaré, évoquant sa détention et les mobilisations qu’elle a suscitées. Pour lui, le soutien populaire était une adhésion à son engagement, non à sa personne. Il clôt cette partie en assurant ne nourrir « aucune ingratitude » envers ses soutiens.

Lire aussi  Microfinance au Togo : les crédits et l'épargne en hausse

Ce discours public complexe de l’ex-détenu politique marque une tentative de reprendre la main sur son récit personnel et politique. Il cherche à la fois à se dédouaner des accusations les plus graves, à réaffirmer son rôle fondateur dans un mouvement contestataire, et à régler ses comptes avec ce qu’il perçoit comme une trahison interne. Une prise de parole qui risque de raviver les tensions au sein d’une mouvance déjà fragmentée.

Rejoins notre chaîne WhatsApp