Un cri résonne à travers le paysage politique togolais. Des familles en détresse interpellent directement les dirigeants du pays, les exhortant à choisir la compassion plutôt que le conflit. Dans une démarche inédite, les parents de jeunes détenus à la prison civile de Lomé ces derniers mois ont lancé un appel à l’unité. La sortie vise le parti au pouvoir, l’UNIR, l’ANC (opposition), le DMP et toutes les factions politiques.
Le cœur de leur message, transmis dans une lettre ouverte, met le doigt sur les profondes divisions du pays. « Nos enfants sont emprisonnés pour avoir exprimé une opinion. Nous ne venons pas en adversaires, mais en citoyens meurtris », écrivent les familles. Elles présentent leur combat comme un combat humain, loin des luttes partisanes de Lomé.
Avec force, elles insistent : « Ce n’est pas le moment d’être UNIR, ANC ou DMP, c’est le moment d’être Togolais ensemble. » Cet appel à une identité nationale partagée s’adresse directement à la conscience des dirigeants comme des citoyens.
Des familles appellent à la clémence et à la réconciliation nationale
Les signataires appellent non seulement à la solidarité publique, mais lancent également un appel politique direct. Ils implorent explicitement la clémence du Président du conseil, Faure Gnassingbé, le présentant comme une figure clé capable de changer le destin de leurs enfants.
Leur lettre rappelle avec force à l’ensemble de la classe politique le coût humain des tensions actuelles, l’exhortant à dépasser les divisions pour une cause qui transcende les partis. Ils remettent en question les fondements mêmes de la rivalité politique, se demandant si la réconciliation nationale est possible tant que leurs enfants restent emprisonnés.
De la protestation à la prière
Joignant le geste à la parole, les familles ont annoncé un rassemblement pacifique prévu le 14 novembre devant l’Assemblée nationale. Elles tiennent toutefois à préciser la nature de leur manifestation. Il ne s’agira pas d’une manifestation, affirment-ils, mais d’un rassemblement de prière et d’un appel public à la réconciliation.
La lettre, signée au nom de l’Union pour la paix au Togo et dans le monde, se conclut par une vérité universelle. « La douleur d’une mère qui pleure son enfant détenu ne connaît ni parti ni camp », lit-on.
Avec Ici Lomé










