Togo / Nouveau gouvernement : la DMP réagit

Togo / Nouveau gouvernement : la DMP réagit

Au lendemain de la publication de la liste du tout premier gouvernement de la Ve République, la Dynamique pour la Majorité du Peuple (DMP) exprime sa vive contestation.

Dans un communiqué rendu public le 9 octobre 2025, la coalition d’opposition rejette la légitimité de la nouvelle équipe dirigée par Faure Gnassingbé, qu’elle qualifie de « gouvernement de fait » issu d’un processus « illégal et imposé » au peuple togolais.

Une centralisation du pouvoir jugée excessive

Selon la DMP, la nouvelle configuration gouvernementale confirme la mainmise du président du Conseil sur les principaux leviers de décision. Faure Gnassingbé conserve en effet plusieurs portefeuilles stratégiques notamment la Défense, la Fonction publique, le Travail, le Dialogue social et les Transports. Une accumulation de responsabilités que l’opposition interprète comme un signe d’« autoritarisme croissant » et de volonté de contrôle total sur les secteurs clés de l’État.

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La coalition fustige également la taille du gouvernement, composé de 30 membres : 17 ministres de plein exercice, 10 délégués et 3 rattachés directement à la présidence estimant qu’il s’agit d’un dispositif « disproportionné » par rapport aux ressources du pays. Elle y voit une manœuvre politique destinée à satisfaire les équilibres régionaux et à consolider les réseaux de fidélité au sein du régime.

Les mêmes visages, les mêmes pratiques ?

Pour la DMP, le maintien de figures emblématiques du pouvoir, telles que Gilbert Bawara, Robert Dussey, Cina Lawson ou encore Antoine Gbégbéni, illustre une absence de véritable changement. Le communiqué souligne notamment que Gilbert Bawara, désormais ministre chargé des Relations avec le Parlement, reste « le gardien du verrou politique », chargé de préserver le chef de l’État de tout contrôle institutionnel. De son côté, Robert Dussey continuerait à incarner, selon la coalition, la « façade diplomatique d’un régime isolé ».

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Des nouveaux venus perçus comme un “maquillage politique”

Si quelques nouvelles figures, comme Kossi Ténou, Yackoley Kokou Johnson ou Manuella Santos, font leur entrée au gouvernement, la DMP estime qu’il s’agit d’un simple « lifting politique » visant à donner une apparence de renouvellement.

Même la nomination de Séna Alipui, vice-président de l’Union des Forces de Changement (UFC), n’est pas perçue comme une ouverture démocratique, mais comme un « calcul de façade ».

Selon le communiqué, ces profils techniques à l’instar de Mama Omorou à l’Éducation nationale ou Jean-Marie Tessi à la Santé ne disposent d’aucune réelle marge de manœuvre dans un système où « toutes les décisions essentielles sont concentrées entre les mains de Faure Gnassingbé ».

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Un appel à la mobilisation citoyenne

La DMP conclut son communiqué en appelant les Togolais de l’intérieur et de la diaspora à ne pas se laisser « tromper » par les annonces de réforme du régime. Elle réaffirme sa volonté de poursuivre, « par des moyens pacifiques et constitutionnels », la lutte pour la restauration de la Constitution de 1992, la mise en place d’une transition démocratique inclusive et le départ de Faure Gnassingbé. « Le peuple togolais demeure le seul détenteur de la souveraineté nationale », insiste la coalition.

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