Une simple question de culture générale a provoqué un tollé sur le campus de l’Université de Lomé. Lors d’un examen de biologie, une question bonus faisant référence aux billets de 2000 F CFA, assortie de la mention « que vous ne méritez pas« , a été perçue comme humiliante et méprisante par de nombreux étudiants.
Tout semblait normal lors de l’épreuve de Biologie du Développement Animal (UE BIO 222) à la Faculté des Sciences. Les sujets classiques (segmentation embryonnaire, gastrulation…) étaient au rendez-vous. C’est en bas de la dernière page, dans la rubrique « Bonus », que le scandale a éclaté.
Les étudiants ont découvert cette question : « Sur le verso du dernier billet de 2000 F CFA de votre récente tranche (que vous ne méritez pas), figurent deux animaux. Donner les noms commun et scientifique de ces deux animaux. »
Si la connaissance (le lamantin et l’aigle pêcheur) relève de la culture générale, c’est l’insertion de la formule « que vous ne méritez pas » qui a mis le feu aux poudres. Pour de nombreux candidats, cette précision gratuite est passée du statut de pique humoristique à celui d’insulte institutionnelle.

La réaction sur les réseaux sociaux et dans les couloirs de la faculté a été immédiate et vive. Les étudiants dénoncent une provocation et un mépris qui, selon eux, traduisent un malaise profond.
« Puisque nous sommes dans un pays où faire des études universitaires est considéré comme une promenade… les professeurs et l’administration prennent les étudiants pour des adversaires », a tempêté un étudiant sous le couvert de l’anonymat. Un autre s’interroge : « Quel est le but réel de cette question ? Nous évaluer scientifiquement ou nous rabaisser ? Est-ce une insulte déguisée ? ».
Pour eux, cette formulation dépasse le cadre pédagogique et s’apparente à un règlement de comptes symbolique, dans un contexte où les relations entre le corps enseignant et les étudiants sont souvent tendues (grèves, conditions de travail, échecs académiques).
Face à la polémique, deux camps se dessinent. Certains tentent de minimiser l’affaire, évoquant un « humour mal compris », une tentative maladroite de dédramatiser l’examen ou de tester l’observation des étudiants au quotidien. Mais pour la majorité des voix qui s’élèvent, un principe fondamental a été bafoué. Ils estiment qu’un enseignant, dans le cadre officiel et stressant d’un examen, se doit à une neutralité et une retenue absolues.










