Face à la hausse du coût de la vie, le gouvernement togolais a lancé le 18 décembre 2025 une vaste opération de transferts monétaires. Dotée d’un budget de 3,5 milliards de FCFA, cette initiative vise à soutenir 136 000 ménages identifiés comme les plus vulnérables, soit environ 700 000 personnes. Chaque ménage éligible reçoit un appui direct de 25 000 FCFA via les services de mobile money (YAS et Flooz).
Sur les réseaux sociaux, ce programme soulève un autre débat autour de la vulnérabilité, certains ménages se décrivant vulnérables estiment ne pas encore avoir reçu leur transfert monétaire alors que nous venons d’entamer 2026. L’opération de transferts monétaires a été récemment déployée dans la région des Savanes, et dans le Grand Lomé, l’on se demande s’il y a encore de l’espoir pour ces ménages ayant de la peine à joindre les deux bouts, mais toujours aucune notification de transaction.
Un ciblage rigoureux pour garantir l’équité : Qui peuvent recevoir les transferts monétaires ?
La sélection des bénéficiaires ne se fait pas au hasard. Elle est le résultat d’un processus technique strict, fondé sur l’approche du Proxy Means Test (PMT). Cet outil, utilisé par l’INSEED à partir des données du recensement général de 2022, évalue objectivement la vulnérabilité des ménages en analysant des critères socioéconomiques précis (composition du ménage, conditions d’habitat, accès aux actifs, etc.). Seuls les ménages classés en dessous d’un certain seuil de vulnérabilité sont retenus.
Pourquoi tous les ménages pauvres ne reçoivent-ils pas l’aide ?

C’est précisément ce mécanisme de ciblage qui explique pourquoi certains ménages, bien que ressentant des difficultés, ne figurent pas sur la liste des bénéficiaires. Le programme n’a pas pour objectif d’atteindre tous les ménages pauvres, mais prioritairement les plus vulnérables parmi les vulnérables, dans la limite des ressources budgétaires disponibles. Un ménage peut ainsi être dans une situation difficile sans pour autant atteindre le seuil de vulnérabilité défini par le modèle statistique du PMT.
Même si elle ne couvre pas tous les citoyens les plus défavorisés du Togo, le gouvernement présente cette opération comme une réponse directe et structurée pour renforcer le filet de sécurité sociale. En privilégiant les transferts numériques, il vise la transparence et la traçabilité.
Si cette aide est cruciale pour les bénéficiaires, elle illustre aussi les limites inhérentes à tout ciblage : des critères objectifs, aussi fins soient-ils, peuvent laisser de côté des ménages en situation de précarité réelle. Le défi reste l’élargissement progressif de la couverture sociale pour inclure davantage de Togolais dans le besoin.