Traite des esclaves : le Togo vote « oui » pour que l’ONU reconnaisse le « crime le plus grave »

Traite des esclaves : le Togo vote "oui" pour que l'ONU reconnaisse le "crime le plus grave"
Homme Allié

Une reconnaissance historique. Ce mercredi, l’Assemblée générale des Nations unies a adopté une résolution proclamant la traite des esclaves africains comme « le crime le plus grave contre l’humanité ». Portée par le Ghana, tête de file de l’Union africaine sur la question des réparations, cette décision marque une étape décisive dans la lutte pour la reconnaissance et la justice réparatrice.

123 voix pour, 3 contre : un vote historique

La résolution a été adoptée sous les applaudissements par 123 voix (dont le Togo) pour, 3 contre (États-Unis, Israël, Argentine) et 52 abstentions (dont le Royaume-Uni et les États membres de l’Union européenne).

Le président ghanéen John Mahama, qui a fait le déplacement à New York pour promouvoir ce texte, a qualifié le vote d’« historique ». « Aujourd’hui, nous sommes rassemblés solennellement et solidairement pour proclamer la vérité et poursuivre le chemin vers la guérison et la justice réparatrice », a-t-il déclaré en cette journée de commémoration du calvaire de 13 millions d’hommes, femmes et enfants dont les vies ont été volées en l’espace de 400 ans.

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Le Togo, pays de mémoire et de réparations

Si le texte n’est pas contraignant, il ouvre la voie à des actions concrètes en matière de réparations. Pour le Togo, pays dont l’histoire est intimement liée à la traite négrière, notamment à travers les comptoirs de Ouidah et Agbodrafo, anciens points d’embarquement vers les Amériques, cette reconnaissance résonne avec force.

L’engagement du continent africain pour la justice réparatrice prend désormais une dimension nouvelle. Le Togo, qui accueille régulièrement des initiatives mémorielles et des dialogues entre l’Afrique et sa diaspora, se positionne naturellement dans cette dynamique.

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Un chemin encore long

Au-delà de cette reconnaissance symbolique, l’Afrique poursuit la mise en place de mécanismes de réparations. Mais le chemin est encore long, très long. Les réticences des anciennes puissances coloniales, qui se sont majoritairement abstenues, témoignent des résistances persistantes.

Pour les pays africains, et pour le Togo en particulier, cette résolution est une victoire diplomatique et morale. Elle ouvre la voie à des discussions plus concrètes sur les compensations financières, la restitution d’œuvres d’art et la reconnaissance des crimes commis.

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