À quelques jours de la Saint-Valentin, une question taraude les amoureux et les portefeuilles au Togo : offrir des bouquets d’argent ou non ? Une pratique très en vogue sur les réseaux sociaux, mais qui est déjà interdite chez les voisins ghanéen et béninois. Le Togo, pris en sandwich entre ces deux pays, sera-t-il le prochain à légiférer ?
La pression régionale : le Ghana et le Bénin ont déjà interdit la pratique
La tendance est claire en Afrique de l’Ouest. Le Kenya vient de tirer la sonnette d’alarme pour la Saint-Valentin 2026. Mais plus proche de nous, deux pays voisins ont déjà pris des mesures radicales :
- Au Bénin : La loi n° 2017-24 punit la détérioration des billets de 1 à 6 mois de prison et des amendes de 500 000 à 1 million de FCFA.
- Au Ghana : La Banque Centrale a formellement interdit l’usage des billets pour confectionner des bouquets ou des gâteaux d’argent, considérant cela comme une dégradation de la monnaie nationale, passible de poursuites.
La raison invoquée est la même partout : plier, agrafer ou coller les billets les détériore, perturbe le fonctionnement des distributeurs automatiques et accélère leur usure, ce qui représente un coût pour la nation.
Et au Togo ? Un vide juridique… pour l’instant
À ce jour, aucune loi togolaise n’interdit explicitement les bouquets d’argent. La pratique y est aussi courante que chez ses voisins, notamment lors des mariages, des funérailles et… de la Saint-Valentin. Cependant, le Togo se trouve dans une position délicate, « pris en sandwich » entre deux pays qui ont légiféré. La pression pour harmoniser les réglementations dans la sous-région et protéger la monnaie pourrait conduire les autorités togolaises à envisager une interdiction similaire à court ou moyen terme.
Au-delà de la loi : le débat social et amoureux sur les bouquets d’argent au Togo
L’éventuelle interdiction soulève une question plus profonde : que signifie vraiment la Saint-Valentin au Togo en 2026 ?
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- La pression des réseaux sociaux : La course au bouquet le plus gros et à la photo la plus impressionnante sur Instagram ou Facebook a transformé le geste en « concours de billets ». Pour beaucoup de jeunes, surtout les hommes, c’est une source de stress financier supplémentaire, qui s’ajoute au loyer, au transport et aux autres charges.
- Le sens du geste : Des voix s’élèvent pour rappeler que l’amour devrait se mesurer à l’attention, la présence et aux petits gestes quotidiens, pas à la taille d’un bouquet périssable. « Est-ce que c’est encore l’amour ou bien c’est devenu un concours de billets ? », interroge la tendance.
- Les attentes divergentes : Certaines femmes expriment le désir d’un « petit bouquet » comme preuve d’attention, tandis que d’autres dénoncent la matérialisation excessive de la fête.
Si demain les bouquets d’argent sont interdits au Togo, que deviendront certains couples ? Le débat est ouvert, et il dépasse largement le cadre juridique pour toucher aux codes sociaux.









