Togo/ Accidents : la route nationale 1 continue de tuer en toute impunité

Togo/ Accidents : la route nationale 1 continue de tuer en toute impunité

L’hécatombe se poursuit sur la route nationale 1. Ce dimanche 15 février 2026, la principale artère reliant Lomé à Cinkassé a été le théâtre de deux nouveaux accidents graves, rallumant la colère des usagers et des familles de victimes.

Wahala : un camion prend feu sans faire de victimes

Le premier incident s’est produit à hauteur de Wahala, dans la préfecture de Haho. Un camion semi-remorque circulant en direction du nord a soudainement pris feu. Miracle : aucun mort ni blessé n’est à déplorer. Mais les dégâts matériels sont considérables, et l’incident a paralysé le trafic pendant de longues heures.

Naboulougou : collision et blessés graves

Plus au nord, dans la localité de Naboulougou, une violente collision a fait plusieurs blessés. Le bilan précis n’a pas encore été communiqué par les autorités, mais les témoins évoquent des victimes dans un état préoccupant, évacuées d’urgence vers les formations sanitaires les plus proches.

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Une série noire qui n’en finit pas sur la route nationale 1

Ces deux accidents ne sont malheureusement pas des cas isolés. Ils s’inscrivent dans une longue litanie de drames qui endeuillent régulièrement la RN1, cette route de 624 km censée être l’artère vitale du pays mais devenue un véritable cimetière à ciel ouvert.

Rappel des récents massacres :

  • 31 janvier 2026 : à la sortie nord de Glei (Ogou), 10 morts dont 5 mineurs, et 11 blessés dont 10 graves. Un camion et un minibus de transport en commun se percutent.
  • 21 octobre 2025 : à Yomaboua (entrée sud de Tchébébé), 5 morts et 8 blessés.
  • 26 octobre 2025 : entre Mango et Barkoissi, 3 morts : une jeune mère, son bébé de 8 mois et leur chauffeur.
  • 15-16 septembre 2024 : près d’Adanka (Atakpamé), une dizaine de morts et de nombreux blessés.
  • 15 août 2025 : à Agoè, 3 morts et 11 blessés dans une collision en chaîne impliquant un camion, plusieurs véhicules et des motos.
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Le dédoublement fantôme

Ce qui révolte les usagers et les associations de défense des victimes, c’est cette promesse non tenue qui revient comme un leitmotiv depuis plus de vingt ans : le dédoublement de la RN1. Une annonce régulièrement faite, des études régulièrement commandées, mais sur le terrain, rien ne change. La route reste étroite, dangereuse, meurtrière.

Un simple constat s’impose : une collision frontale n’aurait peut-être pas eu lieu sur une route à deux voies séparées. Des vies auraient pu être sauvées.

Face à cette série noire, le silence est assourdissant. Aucune communication, aucune mesure d’urgence annoncée, aucune réaction officielle après ce nouveau dimanche noir. Pendant que les familles pleurent leurs morts, la machine administrative semble figée.

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Jusqu’à quand ?

Les chiffres donnent le vertige. En cumulant les quatre derniers mois de 2025 et ce début d’année 2026, ce sont des dizaines de vies qui se sont éteintes sur ce bitume maudit. Des pères, des mères, des enfants, des jeunes pleins d’avenir.

La question hante les usagers contraints d’emprunter quotidiennement cet axe. Jusqu’à quand faudra-t-il prier avant chaque voyage ? Jusqu’à quand les familles devront-elles attendre le retour de leurs proches sans avoir la certitude qu’ils arriveront vivants ?

Le dédoublement de la RN1 n’est pas un luxe. C’est une urgence vitale. Chaque jour de retard est une vie potentiellement sacrifiée sur l’autel de l’inaction.

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