Ce lundi 2 mars 2026, la voix d’Abdoul Aziz Goma a résonné dans l’enceinte du Palais des Nations à Genève. Invité à s’exprimer lors de la 61ᵉ session du Conseil des droits de l’homme des Nations unies, ce Togolais également citoyen irlandais a livré un récit glaçant de ses huit années passées dans les prisons de son pays.
Devant un parterre de diplomates et de représentants d’ONG, il a décrit des conditions de détention qu’il n’hésite pas à qualifier d’« inhumaines ». L’ex-prisonnier a évoqué notamment un long passage au secret et un déni de soins médicaux qui aurait gravement altéré sa santé.
Pourquoi Abdoul Aziz Goma a-t-il été arrêté ?
L’histoire d’Abdoul Aziz Goma remonte à 2018. À l’époque, il est interpellé à Lomé pour avoir hébergé un groupe de jeunes venus manifester dans la capitale. Bien qu’il n’ait pas pris part aux protestations, son geste de solidarité lui a valu d’être jeté en prison. « Je n’ai pas été détenu pour ce que j’avais fait, mais envoyé en prison pour ce que je représentais : un défenseur des droits humains qui refusait et refuse toujours de se taire », a-t-il martelé depuis Genève.
Une libération sous pression internationale
Libéré en janvier 2026 après huit années de détention, Goma ne doit pas sa liberté à la justice togolaise, selon ses propres mots. « Ma libération est le résultat de la pression internationale », a-t-il affirmé, saluant la mobilisation de figures comme Mary Lawlor, Rapporteuse spéciale de l’ONU sur les défenseurs des droits de l’homme.
Son procès, qui ne s’est tenu qu’en février 2025, soit sept ans après son arrestation, a duré une seule journée. À l’issue de cette procédure expéditive, il a été condamné à dix ans de prison pour atteinte à la sûreté de l’État. Une condamnation qui soulève encore aujourd’hui de nombreuses interrogations.
“My release last January was not the result of Togolese justice, but the result of international pressure after 8 years of torture. The repressive system is still in place in my country. Defenders are still being held in prison as I speak today.” – Togolese-Irish HRD Abdoul Aziz… pic.twitter.com/jc66ujC4ye
— Mary Lawlor UN Special Rapporteur HRDs (@MaryLawlorhrds) March 2, 2026
Un appel à la communauté internationale
Devant l’assemblée onusienne, Abdoul Aziz Goma n’a pas seulement livré son histoire. Il a lancé un appel pressant à la communauté internationale pour qu’elle maintienne son attention sur le Togo. « Le système répressif est toujours en place dans mon pays. Des défenseurs sont encore détenus au moment où je vous parle », a-t-il alerté.
Son témoignage intervient dans un contexte où plusieurs organisations de défense des droits humains expriment régulièrement leurs inquiétudes quant au sort des activistes au Togo. Reste à savoir quel écho aura cette intervention genevoise auprès des autorités togolaises.











