L’enquête autour de la tentative de coup d’État en Corée du Sud continue de s’élargir et de produire des arrestations à haut niveau.
Les autorités ont placé en garde à vue Cho Tae-yong, l’ancien directeur du service national de renseignement, poursuivi pour « manquement à son devoir » : les magistrats lui reprochent en substance de ne pas avoir informé le Parlement alors qu’il était au courant de la déclaration de la loi martiale en décembre 2024 et des événements qui ont suivi.
Le tribunal de Séoul, reprenant les conclusions des procureurs spéciaux, a validé le mandat d’arrêt en invoquant notamment un risque de destruction de preuves ; selon l’accusation, la probabilité d’une implication de l’ancien responsable des renseignements dans l’insurrection a augmenté au fil des investigations.
Cette nouvelle arrestation s’ajoute à une série de mises en examen et de détentions frappant plusieurs personnalités politiques et officielles ex-ministres, un ancien Premier ministre révélant le rôle trouble que certains services et hauts responsables auraient joué lors de la crise.
L’affaire prend une ampleur inédite car elle s’inscrit dans le cadre du procès de l’ancien président, désormais poursuivi pour insurrection après des actes qualifiés d’aide à l’ennemi : la justice examine notamment l’hypothèse selon laquelle des survols de drones auraient été ordonnés pour provoquer le régime nord-coréen et créer une crise de sécurité nationale servant de prétexte à la prise de pouvoir.
Au fil des auditions, des éléments de nature explosive ont été portés à la connaissance des enquêteurs y compris des témoignages alléguant que l’ex-chef de l’État aurait ordonné la capture, voire l’élimination de ses principaux opposants.
Le procès, qui se poursuivra jusqu’en janvier 2026, continue de mettre au jour des détails accablants sur l’organisation et les complicités présumées autour de la tentative de coup d’État, plongeant la Corée du Sud dans sa plus grave crise constitutionnelle depuis la transition démocratique.