La présidente tanzanienne, Samia Hassan Suhulu, a officiellement lancé sa campagne le 28 août en vue de l’élection présidentielle et législative prévue en octobre. Mais ce scrutin s’annonce sans véritable concurrence, après la disqualification de plusieurs partis d’opposition et l’arrestation de leurs leaders.
La Commission électorale a écarté la candidature de Luhaga Mpina, représentant de l’Alliance pour le changement et la transparence (ACT-Wazalendo), considéré comme l’un des rares challengers crédibles. Déjà en avril, le Chadema, principal parti d’opposition, avait été interdit, et son dirigeant Tundu Lissu arrêté pour « trahison », une accusation passible de la peine de mort.
ONG et opposants dénoncent une répression politique rappelant les méthodes de l’ancien président John Magufuli (2015-2021). Des arrestations arbitraires et des cas d’enlèvements politiques ont déjà été signalés, poussant même l’ambassadeur de Tanzanie à Cuba à démissionner en juillet, invoquant des violations des droits humains.
Candidate du Chama Cha Mapinduzi (CCM), Samia Suluhu Hassan ne fait pas l’unanimité au sein de sa formation. Certains cadres dénoncent un système encore dominé par les hommes, tandis que d’autres regrettent l’absence d’une opposition qui aurait pu stimuler le débat démocratique.
Lors de son rassemblement à Dar es-Salaam, la présidente a promis une commission de réconciliation et l’ouverture d’un processus de rédaction d’une nouvelle Constitution. Malgré les critiques, une partie de la base du CCM estime que « aucun parti ne peut rivaliser » avec la machine électorale au pouvoir, voyant déjà la victoire comme acquise.
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