Le 1er avril, une journée où l’humour et les farces sont à l’honneur à travers le monde. Mais d’où vient cette tradition du « poisson d’avril » ? L’origine de cette coutume est sujette à débat, mêlant anecdotes historiques, influences religieuses et croyances populaires.
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Une origine incertaine
Chaque année, petits et grands s’amusent à piéger leur entourage avec des canulars et des poissons en papier accrochés discrètement dans le dos. Pourtant, les explications sur cette tradition sont multiples et parfois contradictoires.
L’expression « poisson d’avril » remonterait au XVe siècle, où elle désignait un intermédiaire amoureux, avant d’être associée, au XVIe siècle, au maquereau, puis à une tromperie au XVIIe siècle. Ce lien entre le poisson et les plaisanteries s’expliquerait aussi par son symbolisme religieux : durant le Carême, période de jeûne dans la tradition chrétienne, la consommation de poisson remplaçait celle de la viande.
Une journée dédiée aux plaisanteries depuis l’Antiquité
L’idée d’une journée consacrée aux farces n’est pas nouvelle. Dès l’Antiquité grecque, le 1er avril, soit douze jours après l’équinoxe de printemps, était dédié au dieu du rire. Cette fête s’est poursuivie sous l’Empire romain avec les Hilaria, célébrées le 25 mars en l’honneur de Cybèle, marquant le retour du printemps à travers des jeux et des blagues.
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Une autre explication relie le 1er avril à une confusion dans le calendrier. Jusqu’en 1564, l’année débutait en mars. Mais le roi Charles IX, par l’édit de Roussillon, imposa le 1er janvier comme début officiel de l’année. Certains auraient alors continué à offrir des vœux et des cadeaux « pour rire » en avril, créant ainsi la tradition des plaisanteries.
Pourquoi un poisson dans le dos ?
L’association du poisson à cette journée est également source de débats. Certains avancent que cela coïncide avec l’entrée du soleil dans le signe astrologique des Poissons, bien que cela se produise plus tôt en mars.
D’autres évoquent une interdiction de la pêche en avril, mise en place au XIXe siècle en France pour permettre aux poissons de se reproduire. Des plaisantins auraient alors offert des poissons séchés aux pêcheurs frustrés.
Enfin, l’origine chrétienne semble plus plausible : en période de Carême, où la viande est prohibée, le poisson devient un aliment central, renforçant ainsi son association avec cette période de l’année.
Une tradition qui traverse les cultures
Si le poisson d’avril est célèbre en France, d’autres pays ont aussi leur journée des farces :
• En Russie, on célèbre le jour des fous.
• Au Portugal, c’est le jour des mensonges.
• En Allemagne, on parle de l’Aprilscherz, le jour des blagues.
• Dans les pays anglophones, c’est l’April Fool’s Day.
• En Écosse, la tradition consiste à partir à la « chasse à l’imbécile ».
Un jour autrefois dédié à l’amour
Avant d’être synonyme de blagues, le 1er avril avait une connotation bien plus romantique. Jusqu’au XXe siècle, il était l’équivalent de la Saint-Valentin. On envoyait des cartes ornées de poissons, symbole de fécondité et de bonheur, pour déclarer son amour.
Le poisson d’avril, une tradition en perte de vitesse
Autrefois, les médias rivalisaient d’imagination pour publier des fausses nouvelles humoristiques chaque 1er avril. Cependant, avec la montée des fake news, de nombreux médias préfèrent désormais éviter ces canulars pour ne pas alimenter la désinformation.









