Togo : pourquoi l’OTR prélève 5% sur vos gros gains à la LONATO ?

Togo : pourquoi l’OTR prélève 5% sur vos gros gains à la LONATO

La nouvelle est officielle : depuis le 1er janvier 2026, l’OTR prélève 5% sur vos gros gains à la LONATO. Tout gain supérieur ou égal à 500 000 FCFA à la Loterie Nationale Togolaise subit une retenue à la source de 5% au profit de l’Office Togolais des Recettes.

 Décryptage de la nouvelle fiscalité sur les jeux, ses objectifs budgétaires, son impact sur les joueurs et ce qu’elle révèle de la régulation du secteur. Cette mesure, issue du Code Général des Impôts et inscrite dans la loi de finances 2024, n’est pas anodine.

L’OTR prélève 5% sur vos gains à la Lonato pour élargir les recettes de l’État

Elle s’inscrit dans une stratégie d’élargissement de l’assiette fiscale. Face à la nécessité de financer les services publics et les investissements sans alourdir la pression sur les secteurs traditionnels, l’État cherche à capter une part des revenus générés dans des activités économiques en croissance. Le secteur des jeux de hasard, avec son chiffre d’affaires conséquent, devient une cible logique.

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L’objectif n’est pas de taxer le petit parieur occasionnel, mais de prélever une contribution sur les gains exceptionnels, considérés comme un revenu mobilisable.

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Impact concret : le calcul change pour les gros gagnants

Pour le joueur, le calcul est simple mais modifie significativement la valeur du gain. Avant, un ticket de 1 million FCFA valait 1 million. Désormais, il rapporte 950 000 FCFA net, l’OTR prélevant 50 000 FCFA. Le seuil de 500 000 FCFA (soit 25 000 FCFA de retenue) a été choisi pour cibler les « gros lots » tout en protégeant les gains modestes, qui constituent l’essentiel des paris et l’espoir d’une majorité de joueurs.

Cette fiscalité peut être perçue de deux manières :

  • Une juste contribution : Le gain est un revenu inattendu ; y appliquer un impôt modéré semble logique dans une optique de solidarité nationale, comme c’est le cas dans de nombreux pays.
  • Un désincitant à jouer : Pour certains, cela réduit l’attrait du jackpot et pourrait, à la marge, décourager les parieurs les plus ambitieux qui faisaient leurs calculs sur le gain brut.
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Réguler un secteur en pleine expansion et clarifier le monopole LONATO

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Au-delà de l’aspect purement budgétaire, cette mesure est un outil de régulation et de reconnaissance officielle du secteur économique des jeux. En l’encadrant fiscalement, l’État l’intègre pleinement dans l’économie formelle. La note précise que l’obligation s’étend à toutes les « entités exerçant une activité de jeux de hasard ».

Ce point est crucial dans un paysage où la frontière entre opérateurs légaux et illégaux peut être floue. La communication rappelle ainsi un cadre strict : la LONATO détient le monopole de l’organisation des jeux et Premier Bet, avec ses boutiques, est l’opérateur privé autorisé à commercialiser les jeux en ligne sous sa licence. Taxer les gains, c’est aussi renforcer la légitimité de ces acteurs agréés face à une myriade de sites offshore non régulés qui échappent à tout contrôle.

Questions en suspens et perspectives

Cette réforme soulève plusieurs interrogations pour l’avenir :

  • Les sommes collectées seront-elles fléchées vers des domaines spécifiques (santé, éducation, sport) comme dans certains pays, ou iront-elles au budget général ?
  • Les paris sportifs (via Premier Bet) et les gains dans les casinos, s’ils se développent, seront-ils soumis au même régime ?
  • Cette taxe, en réduisant légèrement l’attractivité des très gros gains, pourrait-elle à terme inciter la LONATO à revoir sa grille de prix ou à augmenter la fréquence de lots plus modestes et non taxés pour garder l’engagement des joueurs ?
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En instaurant cette retenue, le Togo suit une tendance internationale et prend acte de la maturité économique de son secteur des jeux. La mesure est moins une punition qu’une normalisation. Elle marque la fin d’une époque où les gains de loterie étaient entièrement exonérés et acte que, même dans le domaine de la chance, l’État considère qu’il a sa part à prendre pour construire la nation. Le défi sera maintenant de communiquer clairement sur l’usage de ces fonds pour que les parieurs-contribuables y voient, au-delà d’une déduction, un investissement dans l’intérêt collectif.

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