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Morgue saturée au CHU Sylvanus Olympio : les familles ont jusqu’au 23 octobre

Raheem Geraldo Raheem Geraldo
25 septembre 2026 4 min de lecture
Morgue du CHU Sylvanus Olympio de Lomé

La morgue du CHU Sylvanus Olympio (CHU-SO) de Lomé fait face à une situation préoccupante. Dans un communiqué daté du 23 septembre 2026, la direction générale alerte sur une recrudescence des abandons de dépouilles et demande aux familles concernées de régulariser leur situation avant le 23 octobre 2026. Passé ce délai, les corps non réclamés seront inhumés.

Cette nouvelle alerte ne constitue pas un épisode isolé. Le CHU-SO avait déjà publié un avis faisant état d’une « recrudescence d’abandons » de corps dans sa morgue et avait accordé aux familles concernées un délai avant leur inhumation.

Un an plus tôt, le problème était déjà suffisamment important pour faire l’objet d’une alerte publique. En novembre 2023, la présidence de la République rapportait que des corps de personnes décédées depuis 2019 se trouvaient toujours dans la morgue du CHU-SO. Une centaine de corps, parfois non identifiés, étaient alors concernés.

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Le directeur de l’établissement expliquait cette situation notamment par les difficultés financières de familles incapables de régler les frais liés à la prise en charge des défunts.

Quelles sont les causes de ces abandons de corps à la morgue du CHU Sylvanus Olympio ?

Derrière chaque dépouille abandonnée se cachent des réalités complexes :

  • Des difficultés économiques : de nombreuses familles ne peuvent pas assumer les frais liés aux obsèques et à la prise en charge des corps
  • Des conflits familiaux : des désaccords entre proches peuvent retarder ou empêcher le retrait du corps
  • Des problèmes d’identification : certains corps ne sont pas identifiés, ce qui complique la recherche des familles
  • L’absence de proches : certaines personnes décédées n’ont pas de famille en mesure d’assumer les démarches

Ces situations, souvent douloureuses, créent une contrainte supplémentaire pour l’hôpital, qui doit gérer la conservation des corps sur une longue durée.

Une contrainte sanitaire et logistique pour l’hôpital

Pour le CHU-SO, la prolongation indéfinie du séjour des corps crée une contrainte sanitaire et logistique importante. La saturation de la capacité d’accueil de la morgue complique les conditions de conservation des dépouilles, avec des conséquences sur l’hygiène et le fonctionnement du service.

L’établissement a d’ailleurs prévu en 2026 un contrat spécifique consacré à « l’entretien et l’hygiène de la morgue », pour un montant de 12 085 500 FCFA. Un signe que la conservation des dépouilles constitue également un enjeu de fonctionnement et de santé publique.

Ce que demande le CHU-SO aux familles

Le CHU-SO cible notamment les usagers ayant laissé les dépouilles de leurs parents ou proches à la morgue depuis plus de trois mois.

Les familles concernées sont invitées à :

  • Prendre attache avec le responsable du service de la morgue
  • Accomplir les formalités nécessaires au retrait des corps
  • Régulariser leur situation avant le 23 octobre 2026

La liste actualisée des corps abandonnés est disponible auprès de la direction de l’établissement. Les familles peuvent la consulter pour vérifier si un proche figure parmi les dépouilles non réclamées.

Que se passera-t-il après le 23 octobre ?

Passée l’échéance du vendredi 23 octobre 2026, les dépouilles concernées seront inhumées, précise le communiqué signé par le directeur général du CHU-SO, le médecin lieutenant-colonel Agbobli Yawo Apélété.

Cette décision, bien que nécessaire pour le fonctionnement de l’établissement, soulève des questions éthiques et humaines. L’inhumation de corps non réclamés prive les familles de la possibilité d’organiser des obsèques selon leurs traditions et leurs souhaits.

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