Le conseil des ministres réuni ce jeudi 19 février 2026 a adopté un projet de loi qui va changer le visage de la microfinance au Togo. Il s’agit de la transposition en droit national de la loi uniforme adoptée par l’UMOA en décembre 2023. Objectif affiché : corriger les failles du système actuel et préparer le terrain pour une nouvelle stratégie nationale d’inclusion financière (SNIF) couvrant la période 2026-2030.
Mais ce n’est pas tout. Le gouvernement a également dévoilé des chiffres impressionnants sur l’état de l’inclusion financière au Togo, confirmant la place de leader du pays dans l’UEMOA.
Ce qui change avec la nouvelle réglementation de la microfinance au Togo
La réforme adoptée par le conseil des ministres n’est pas un simple toilettage. Elle vise à corriger les insuffisances structurelles du cadre actuel sur plusieurs points critiques :
- La gouvernance : des règles plus strictes pour la gestion des institutions de microfinance
- La gestion du crédit : des procédures renforcées pour limiter les risques de défaut
- Le contrôle interne : des mécanismes de surveillance plus rigoureux
- La fiabilité des systèmes d’information : des exigences techniques pour sécuriser les données et les transactions
Derrière ces termes techniques, un objectif simple : protéger l’épargne des populations et garantir que les institutions de microfinance jouent pleinement leur rôle sans mettre en danger leurs clients.
Pourquoi cette réforme est cruciale pour l’inclusion financière
La microfinance, au Togo, ce n’est pas un secteur marginal. C’est le cœur de l’accès aux services financiers pour des millions de Togolais qui n’ont pas de compte bancaire classique. Femmes, petits commerçants, artisans, ruraux : ce sont eux les premiers utilisateurs.
Un cadre réglementaire solide, c’est la garantie que :
- Leurs économies sont en sécurité
- Les crédits accordés le sont de manière responsable
- Les abus et dérives sont sanctionnés
- La confiance dans le système se renforce
Et sans confiance, pas d’inclusion financière durable.
Le Togo, champion de l’UEMOA : les chiffres qui parlent
Le conseil des ministres a également pris connaissance d’une communication sur l’évolution de l’inclusion financière au Togo. Les chiffres donnent le vertige :
- Taux d’inclusion financière en 2024 : 89,04 %, contre 87,7 % précédemment
- Place dans l’UEMOA : 2e rang, derrière ? Une performance remarquable pour un petit pays
- Crédits accordés par le FNFI (Fonds national de la finance inclusive) : plus de 1,9 million de crédits à fin octobre 2025
- Montant total distribué : 116,59 milliards de FCFA injectés dans l’économie par ce seul canal
Ces chiffres ne sont pas abstraits. Derrière chaque crédit, il y a un projet, une activité, une famille qui avance. Derrière chaque point de pourcentage gagné, il y a des milliers de Togolais qui sortent de l’exclusion financière.
La nouvelle stratégie 2026-2030 : ce qui va changer pour les jeunes
Fort de ces résultats, le gouvernement ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Une nouvelle Stratégie Nationale d’Inclusion Financière (SNIF) pour la période 2026-2030 est en préparation. Et cette fois, l’accent est mis sur trois priorités :
1. Les jeunes
Ils sont souvent les grands oubliés des services financiers classiques. Pas de revenus stables, pas de garanties, pas de crédit. La nouvelle stratégie veut leur ouvrir des portes spécifiques, adaptées à leurs réalités (économie informelle, petits boulots, entrepreneuriat naissant).
2. L’innovation Fintech
Le Togo a déjà montré sa capacité à innover avec des outils comme TMoney ou Flooz. La nouvelle stratégie veut aller plus loin : paiements mobiles, crédit digital, épargne en ligne, identification numérique. La technologie au service de l’inclusion.
3. Le renforcement de la gouvernance dans les institutions de microfinance
Parce qu’un secteur dynamique doit aussi être un secteur sain. Des règles plus strictes, des contrôles renforcés, une transparence accrue pour protéger les clients et pérenniser les institutions.
Le FNFI, moteur de l’inclusion financière au Togo
Impossible de parler d’inclusion financière sans évoquer le Fonds national de la finance inclusive (FNFI). Créé pour faciliter l’accès des populations à faibles revenus aux services financiers, il est devenu un outil incontournable.
Les chiffres présentés au conseil des ministres le confirment :
- 1,9 million de crédits accordés, ce qui signifie des millions de vies touchées
- 116,59 milliards de FCFA injectés, une masse critique qui fait tourner l’économie locale
- Des femmes majoritaires parmi les bénéficiaires, confirmant le rôle clé de la microfinance dans l’autonomisation féminine
Le FNFI est aujourd’hui un modèle dans la sous-région. Son expérience nourrira sans doute la nouvelle stratégie nationale.










