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Manifestations de juin : Des avocats africains intentent une action en justice contre le Togo

Togo/ Manifestations de juin : des poursuites judiciaires à l'international annoncées

Seize avocats africains du Groupe d’intervention judiciaire SOS-Torture Afrique (GIJ) ont engagé des poursuites judiciaires nationales et internationales contre les autorités togolaises suite à la violente répression des manifestations de juin. Cette action fait suite à des cas avérés de torture, d’arrestations arbitraires et d’homicides présumés lors de manifestations dans plusieurs quartiers de Lomé.

Le GIJ, soutenu par le Collectif des associations contre l’impunité au Togo (CACIT) et l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), accuse les forces de sécurité d’avoir déployé des unités militaires et des brigades spécialisées pour réprimer les manifestations dans des zones comme Bè, Adakpamé et Akodessewa. Selon leurs conclusions :

Des rapports médicaux corroborent des blessures graves parmi les détenus, notamment des traumatismes crâniens et une détresse psychologique, des actes de torture présumés ayant été commis au quartier général de la brigade antigang de Djidjolé.

Pression juridique internationale

Les avocats ont souligné les six condamnations antérieures du Togo par la Cour de justice de la CEDEAO (2021-2025) pour des violations similaires. Ils ont mis en garde contre de nouvelles plaintes auprès des organismes régionaux et internationaux si le Togo n’enquête pas et ne demande pas de comptes aux auteurs de ces actes, en particulier aux commandants d’unité et aux décideurs politiques qui ont autorisé la répression.

Demandes au gouvernement togolais

Le GIJ a lancé un ultimatum sans appel, exhortant les autorités à :

  1. Mettre fin à l’impunité grâce à des enquêtes indépendantes
  2. Retirer l’armée du maintien de l’ordre lors des manifestations
  3. Libérer toutes les personnes détenues arbitrairement
  4. Défendre le droit constitutionnel de réunion pacifique
  5. Offrir des réparations aux victimes

L’équipe juridique est composée de représentants de 13 pays africains, reflétant une position continentale contre la violence d’État. Alors que les tensions persistent, cette affaire met à l’épreuve la double identité du Togo, à la fois médiateur régional et défendeur devant les tribunaux des droits de l’homme.

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