En moins de 48 heures, le Népal a basculé. Après la mort de 24 manifestants lors d’une répression brutale lundi 8 septembre 2025, la jeunesse est descendue massivement dans les rues de Katmandou.
Le Premier ministre K.P. Sharma Oli a été contraint de démissionner, tandis que les principaux bâtiments gouvernementaux Parlement, Cour suprême et sièges de ministres ont été incendiés. À l’origine de la contestation : la décision du gouvernement de bloquer 26 plateformes, dont Facebook, Instagram, WhatsApp, YouTube et X.
Une mesure perçue comme une tentative d’étouffer la contestation. Dans un pays où des millions de familles communiquent avec leurs proches expatriés grâce aux réseaux sociaux, cette interdiction a provoqué une explosion de colère.
Surnommée les « manifestations de la Gen Z », cette révolte a été portée par une jeunesse frustrée par la corruption, le népotisme et l’autoritarisme du gouvernement.
Sur TikTok seule plateforme restée accessible des vidéos dénonçant le train de vie luxueux des enfants de politiciens ont alimenté la colère populaire, dans un pays où le revenu par habitant dépasse à peine 1 300 dollars et où le chômage des jeunes frôle les 20 %.
Cette insurrection rappelle les mouvements populaires qui ont balayé récemment plusieurs pays d’Asie du Sud. Comme au Sri Lanka en 2022 ou au Bangladesh en 2024, la rue a eu raison d’un pouvoir jugé corrompu et déconnecté des réalités sociales.
Face au chaos, l’armée a imposé un couvre-feu et appelé au dialogue. Mais la colère de la jeunesse népalaise, désormais consciente de sa force politique, pourrait redessiner durablement le paysage institutionnel du pays.