La capitale togolaise a accueilli un rendez-vous pendant trois jours dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Du mercredi 18 au vendredi 20 février 2026, Lomé a abrité une rencontre d’experts de quatre pays ouest-africains : Togo, Ghana, Bénin et Côte d’Ivoire. L’objectif ? Élaborer des Procédures opérationnelles standardisées (POS) pour la collecte, la préservation et le partage des informations recueillies en zones de conflits.
Ces travaux s’inscrivent dans le cadre du projet « Renforcement de la chaîne pénale dans la lutte contre le terrorisme dans les pays côtiers d’Afrique de l’Ouest« , mis en œuvre par l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) avec le soutien financier de l’Union européenne.
Pourquoi harmoniser les procédures judiciaires ?
Face à la menace terroriste qui gagne du terrain dans les pays côtiers, la simple réponse militaire ne suffit plus. Encore faut-il que les auteurs d’actes terroristes puissent être effectivement jugés et condamnés. Et pour cela, les preuves collectées sur les théâtres d’opérations doivent être irréprochables devant les tribunaux.
Pendant trois jours, magistrats, militaires, gendarmes, policiers et experts judiciaires ont planché sur des questions techniques mais cruciales :
- Comment collecter des preuves en zone de conflit sans compromettre leur intégrité ?
- Comment garantir la « chaîne de traçabilité » des éléments saisis ?
- Comment sécuriser les scènes d’incident après une attaque ?
- Comment partager efficacement les informations entre armée et justice ?
Lomé, la capitale togolaise, a abrité du 18 au 20 février 2026 une réunion d’experts consacrée au développement de Procédures Opérationnelles Standardisées sur la collecte, la préservation et le partage d’informations recueillies en zones de conflits. https://t.co/5cBxMofl93 pic.twitter.com/Af8NVgnICO
— MINISTÈRE DE LA JUSTICE ET DES DROITS HUMAINS-TOGO (@MJDH_TG) February 21, 2026
La coopération militaro-judiciaire au cœur des échanges
« Ces échanges entre experts contribuent à l’amélioration de la coopération militaro-judiciaire et policière en matière de lutte antiterroriste au Togo« , a souligné Anathère Talim, secrétaire général du ministère en charge des Droits humains.
Car c’est bien là l’enjeu principal : faire en sorte que les informations recueillies sur le terrain par les forces de défense et de sécurité puissent être transformées en preuves recevables devant les juridictions. Trop souvent, des dossiers s’effondrent parce que la procédure de collecte des preuves n’a pas respecté les standards judiciaires.
Un enjeu de taille pour les pays côtiers
Les pays du golfe de Guinée, longtemps épargnés par le terrorisme jihadiste qui sévit au Sahel, font face depuis quelques années à une menace grandissante. Incursions, attaques, présence de cellules dormantes : la région doit se préparer à une réponse judiciaire à la hauteur du défi sécuritaire.
Le Bénin voisin a déjà subi plusieurs attaques meurtrières dans sa zone septentrionale. Le Togo a également renforcé son dispositif militaire le long de sa frontière nord. Dans ce contexte, disposer de procédures harmonisées entre pays voisins devient une nécessité absolue.
Ce que va changer ce travail d’harmonisation
À terme, l’élaboration de ces Procédures opérationnelles standardisées (POS) devrait permettre de :
- Fluidifier le partage sécurisé d’informations entre les quatre pays
- Garantir la recevabilité des preuves devant les juridictions nationales
- Faciliter la coopération judiciaire transfrontalière
- Renforcer l’efficacité des poursuites pénales contre les terroristes présumés










