Une onde de choc traverse la presse togolaise après des licenciements à Pyramide FM. Cinq journalistes togolais titulaires de l’une des radios les plus écoutées de la capitale, ont été licenciés avec effet immédiat.
Les journalistes concernés, David Cudjoe Amekudzi, David Assimadi, Richard Aziague, Maruis Attor et Jean-Jacques Snoby Attikpo, ont reçu des courriers signés par le PDG du groupe, M. Wona Germain, les congédiant pour « faute grave ».
Cette décision fait suite à un conflit social déclenché par une revendication des journalistes pour de meilleures conditions de travail, jugées précaires. Les points de friction incluaient l’absence de crédits de communication, des problèmes récurrents de matériel technique, et sur le plan social, l’absence de déclaration à la sécurité sociale, d’assurance maladie et de congés payés réguliers.
Un dialogue qui tourne court et une réaction brutale de la direction
La crise a éclaté lorsque les journalistes, après un premier courrier resté sans réponse, ont déposé un préavis de grève. Une rencontre a finalement eu lieu avec le PDG. Selon les journalistes licenciés, l’échange s’est concentré sur « la forme de leurs lettres » plutôt que sur le fond de leurs revendications.
Peu après cette rencontre, les lettres de licenciement sont tombées. La direction justifie sa décision en reprochant aux journalistes une « action revendicative irrégulière », la « mise en exécution du préavis de grève sans respect de la procédure légale », un « défaut d’exécution des missions et l’absence de loyauté ».

La colère gagne les rangs des journalistes togolais après les licenciements à Pyramide FM
L’affaire dépasse largement le cadre interne de la radio, suscitant l’indignation et la colère au sein de la profession. Des voix influentes se sont élevées pour dénoncer la situation.
Le journaliste et auteur Max Carmel Savi, invité à participer à une émission sur Pyramide FM, a refusé d’y prendre part en signe de solidarité. Il a révélé des informations accablantes : selon lui, les journalistes auraient travaillé sans contrat écrit, sans aucune cotisation sociale pendant des années, avec des salaires gelés depuis dix ans entre 60 000 et 120 000 FCFA.
Noël Tadegnon, autre figure médiatique, a qualifié la situation de « révoltant. Très révoltant. ». Cette affaire met ainsi en lumière la précarité structurelle qui touche de nombreux journalistes dans les médias privés togolais.
Au-delà du cas spécifique, ce licenciement collectif pose une question cruciale pour la liberté de la presse au Togo : comment assurer une information libre et de qualité lorsque les journalistes travaillent sans droits, sans sécurité sociale et sous la menace constante du licenciement ?