Plusieurs organisations politiques et de la société civile ont vivement réagi à la récente libération des détenus politiques intervenues suite à la mesure de grâce présidentielle du 31 décembre 2025. Lors d’une conférence de presse conjointe tenue le 5 janvier 2026 à Lomé, elles ont qualifié l’approche du pouvoir de « manœuvre cynique » et de comportement de « pompier pyromane ».
Les signataires, la Dynamique Monseigneur Kpodzro (DMK), la Dynamique pour la Majorité du Peuple (DMP) et le Lumière pour le Développement dans la Paix (LDP), estiment que le régime « met le feu » en emprisonnant arbitrairement, puis « se présente comme celui qui éteint l’incendie » en libérant partiellement. Ils saluent néanmoins le soulagement pour les familles et rendent hommage aux personnes libérées, comme Grâce Koumayi ou Amavi Katanga.
Les trois exigences majeures de l’opposition après la libération des détenus
Au-delà de la critique, la déclaration conjointe formule trois revendications claires et immédiates adressées au pouvoir :
- La libération de tous les détenus politiques : L’opposition affirme qu’une « réelle volonté d’apaisement » implique la libération « immédiate et inconditionnelle » de tous les prisonniers d’opinion, évoquant une soixantaine de noms encore en détention, dont Marguerite Gnakadé et Jean-Paul Oumolou.
- Le retour sans condition des exilés politiques : Ils exigent que « chaque Togolais retrouve la terre de ses aïeux » en sécurité, sans crainte de représailles.
- Des mesures concrètes face à la vie chère : Critiquant le programme Novissi comme une réponse ponctuelle et insuffisante, ils réclament « des mesures fortes » pour une baisse durable du coût des produits de première nécessité et s’opposent à toute augmentation annoncée des tarifs de l’eau ou de l’électricité.
Une réponse cinglante au discours de fin d’année du Président
La déclaration constitue aussi une réponse argumentée au discours de vœux du Président Faure Gnassingbé. L’opposition conteste point par point ses annonces :
- Sur la protection : « Les Togolais ne sont pas protégés » quand des personnes sont emprisonnées pour leurs opinions.
- Sur le rassemblement : Il est impossible selon eux tant que persiste « la création de milices » et le « mépris » de l’avis de la majorité sur la Constitution.
- Sur la transformation : Ils dénoncent un Togo « pratiquement figé » et pointent les pénuries d’eau et d’électricité comme exemples d’échecs.
L’appel final invite les Togolais à « ne pas courber l’échine », à surmonter la peur et à se préparer à « de nouvelles formes de lutte ». Il demande aussi aux « combattants de la liberté » de renforcer leur collaboration pour « continuer à combattre le coup d’Etat constitutionnel de la Vème République ».
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Cette sortie publique marque la reprise du dialogue politique sur un ton très critique, fixant un agenda de revendications précises qui dépasse la simple question des libérations pour englober l’ensemble de la gestion politique et socio-économique du pays.










