La Guinée équatoriale a officiellement changé de capitale. Par décret présidentiel publié le samedi 3 janvier 2026, Ciudad de la Paz a été proclamée capitale de la République, mettant fin au statut politique de Malabo, située sur l’île de Bioko.
Cette décision marque l’aboutissement d’un vaste projet lancé en 2008 par le président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, au pouvoir depuis près d’un demi-siècle. Implantée dans la province de Djibloho, à l’est du pays et en pleine forêt équatoriale, Ciudad de la Paz anciennement connue sous le nom d’Oyala devient désormais le centre politique et administratif de l’État.
Un transfert progressif des institutions de l’État
Le décret précise que l’ensemble des institutions concernées : présidence, organes constitutionnels, administrations publiques et entreprises d’État disposent d’un délai d’un an pour organiser leur transfert et s’installer de manière effective dans la nouvelle capitale. Ce changement vise à rééquilibrer l’organisation territoriale du pays, longtemps concentrée autour de Malabo et de Bata, capitale économique située sur le continent.
Guinée équatoriale change de capitale : une décision jugée plus stratégique et extensible
Selon le texte officiel, Ciudad de la Paz a été choisie pour sa position géographique centrale et son fort potentiel d’extension. Les autorités estiment que la ville offre des conditions plus favorables pour accueillir durablement les fonctions politiques de l’État. La croissance rapide de Malabo et de Bata, alimentée par un afflux constant de populations rurales et la concentration des infrastructures, a également pesé dans la décision. Cette dynamique a entraîné une pression accrue sur les services publics et l’urbanisation de ces deux pôles majeurs.
Un projet aux ambitions politiques et nationales
Pour le gouvernement équato-guinéen, le déplacement de la capitale doit favoriser la modernisation de l’administration, la diversification des zones de développement et le renforcement de l’unité nationale. Le décret évoque également une contribution au maintien de la paix et à une meilleure gouvernance territoriale. Créée en 2017, la province de Djibloho est devenue la huitième province du pays, avec Ciudad de la Paz comme chef-lieu. Désormais capitale officielle, la ville incarne la volonté des autorités de redessiner la carte politique et administrative de la Guinée équatoriale.
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Un exemple à suivre pour le Togo ?
Le choix de la Guinée équatoriale de déplacer sa capitale de Malabo vers Ciudad de la Paz s’inscrit dans une logique de rééquilibrage territorial et de projection stratégique à long terme. Une décision forte qui, ailleurs en Afrique, pourrait nourrir des réflexions similaires. Historiquement, le pays a déjà connu plusieurs centres de pouvoir : Aného puis Baguida. On rappelle, cependant, la question d’un changement de capitale n’est ni évoquée ni débattue officiellement. Lomé demeure le centre incontesté du pouvoir politique, administratif et économique, et aucun projet de transfert n’a été annoncé par les autorités. Sinon, quelle ville pourrait devenir la potentielle capitale du Togo en cas de changement ?







