Coupures, accès cher et inégal… Voici l’état des lieux de l’Internet au Togo en 2026

Coupures, accès cher et inégal... Voici l'état des lieux de l’Internet au Togo en 2026 ?

En marge de son assemblée générale annuelle, l’Internet Society dresse un bilan en demi-teinte de l’état des lieux de l’Internet au Togo 2026. Malgré des avancées réelles dans la gouvernance et la formation, l’accès reste cher, inégal et perturbé par des coupures controversées.

Leur objectif pour 2026 ? Faire du Togo un laboratoire numérique régional et sortir les zones blanches de l’isolement.

Internet au Togo en 2026 : Des progrès réels, mais une fracture numérique persistante

La connexion s’améliore au Togo, mais le chemin vers un internet universel, abordable et de qualité reste long. C’est le principal enseignement de l’assemblée générale du chapitre togolais de l’Internet Society (ISOC). Son président, Emmanuel Elolo Agbenonwossi, reconnaît les efforts réalisés, mais pointe trois défis majeurs pour 2026 : réduire les coûts d’accès, étendre la couverture nationale et améliorer significativement la qualité de service.

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Surtout, ISOC Togo s’oppose fermement à une pratique récurrente : « Les coupures ou perturbations du réseau lors des manifestations ne sont pas une solution », a martelé Agbenonwossi. Une mesure jugée contre-productive, qui pénalise l’ensemble des citoyens et étouffe l’économie numérique en plein essor, portée par une jeunesse de plus en plus entrepreneuriale.

Bilan d’étape : Un premier réseau communautaire et une école de gouvernance

internet society
Emmanuel Elolo Agbenonwossi

Depuis sa création, ISOC Togo a mené des actions structurantes. L’organisation peut se targuer d’avoir implanté le premier réseau communautaire du pays, connectant actuellement cinq villages. Elle a aussi lancé l’École Nationale sur la Gouvernance de l’Internet, formant des centaines d’acteurs aux enjeux de cybersécurité, d’infrastructures et d’intelligence artificielle.

Sur le plan régional, le chapitre togolais s’est imposé comme un centre d’expertise technique, organisant des ateliers pour optimiser les points d’échange internet (IXP) et réduire les coûts de transit. Ses partenariats avec le monde universitaire ont produit des rapports techniques influents sur les perturbations du réseau, la qualité de service et les comparaisons tarifaires en Afrique de l’Ouest.

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2026-2027 : La feuille de route pour l’« accélération » et la couverture universelle

Reconduit à la tête d’un conseil d’administration renouvelé, Emmanuel Elolo Agbenonwossi annonce une « phase d’accélération ». Les priorités sont claires :

  1. Éradiquer les zones blanches : ISOC Togo veut « aller au-delà de Lomé et de la région Maritime » pour mener des actions concrètes dans le septentrion. L’objectif est de sortir les zones reculées de l’isolement numérique.
  2. Devenir un laboratoire de référence : L’organisation ambitionne de produire des données ouvertes et fiables sur la qualité du réseau, pour alimenter un plaidoyer factuel auprès des autorités et des opérateurs.
  3. Multiplier les centres d’innovation : Créer des espaces où les jeunes pourront prototyper leurs projets et se confronter à l’innovation régionale et internationale.
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La sensibilisation plutôt que la sanction pour un internet togolais apaisé

Face aux défis de sécurité et de régulation, ISOC Togo promeut une alternative aux mesures coercitives. Le président prône une approche basée sur la sensibilisation et la coopération entre pouvoirs publics, secteur privé et société civile. Cette voie, estime-t-il, est la seule à même de protéger les droits des citoyens tout en garantissant un environnement stable pour les entreprises et stimulant l’innovation.

Alors que le numérique s’impose comme un levier incontournable de développement, le plaidoyer d’ISOC Togo dessine les contours d’une politique internet ambitieuse pour le pays : un réseau fiable, abordable et accessible à tous, considéré non comme un privilège, mais comme un service essentiel au même titre que l’eau ou l’électricité.

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