Insécurité alimentaire au Togo : plus de 330 000 personnes menacées

Insécurité alimentaire au Togo : plus de 330 000 personnes menacées

Le nord du Togo pourrait basculer dans une crise humanitaire silencieuse. Selon un rapport du Programme alimentaire mondial (PAM) publié fin mai, plus de 330 000 Togolais risquent une insécurité alimentaire aiguë au cours des trois prochains mois, faute d’assistance.

La région des Savanes, frontalière du Burkina Faso et en proie à l’insécurité, est la plus exposée. L’Alliance Nationale pour le Changement (ANC) dénonce le silence du gouvernement et réclame un plan d’urgence.

Période de soudure et crise sécuritaire : menace d’insécurité alimentaire

Le trimestre juin-août correspond à la période de soudure au Togo. Les stocks alimentaires baissent rapidement, et les besoins d’assistance explosent.

Dans la région des Savanes, la situation est aggravée par :

  • l’état d’urgence sécuritaire (menace terroriste à la frontière burkinabè)
  • les déplacements de populations (plus de 10 000 déplacés internes et 50 000 réfugiés selon le PAM)
  • l’accès perturbé aux marchés dans certaines zones frontalières

À cela s’ajoutent des conditions climatiques difficiles : pluies irrégulières, inondations, dégradation des terres. La production agricole s’en trouve compromise.

50 % des familles togolaises ne peuvent pas s’offrir un régime nutritif

Une étude menée avec le gouvernement togolais et rendue publique il y a un mois conclut que la moitié des familles togolaises n’a pas les moyens de s’offrir un régime alimentaire nutritif.

Les prix alimentaires restent élevés, réduisant l’accès à une nourriture de qualité pour les foyers les plus vulnérables.

L’ANC dénonce « le silence du gouvernement » et réclame un plan d’urgence

L’Alliance Nationale pour le Changement (ANC) de Jean-Pierre Fabre s’est dite « gravement préoccupée » par cette situation. Dans un communiqué publié le 9 juin 2026, l’opposition accuse le gouvernement de consacrer des « ressources considérables à l’organisation de sommets et d’événements de prestige » au lieu d’anticiper la crise alimentaire.

Trois questions sont posées par l’ANC :

  1. Où sont passés les centaines de milliards investis dans la région des Savanes depuis 2019 ?
  2. Qu’est devenue la politique de réserves alimentaires stratégiques ?
  3. Comment ne pas dénoncer la hausse des prix des produits pétroliers qui aggrave les difficultés ?

Les chiffres qui interpellent

L’ANC appuie son argumentation sur des données alarmantes :

  • 92,3 % de pauvreté multidimensionnelle dans la région des Savanes (ONU, 2025)
  • 47 % de pauvreté monétaire au Togo en 2024
  • 127e rang mondial dans le World Happiness Report 2025

L’ANC appelle le gouvernement à :

  1. Publier une cartographie exhaustive des zones à risque
  2. Élaborer un plan national d’urgence alimentaire
  3. Réorienter les ressources publiques vers la lutte contre la pauvreté et la sécurité alimentaire

À ce jour, aucune déclaration officielle du ministère de l’Agriculture ou du gouvernement togolais n’a été publiée en réponse à l’alerte du PAM. La période de soudure est en cours. Les 330 000 personnes menacées par l’insécurité alimentaire attendent des actes, pas des communiqués.

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